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Facial Disability Index : ce que la paralysie faciale coûte au patient

Dix items, deux sous-échelles, un score sur 100 : le FDI mesure le retentissement physique et social d’une atteinte du nerf facial. Une règle : ne jamais le passer sans échelle clinique.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 24/09/2026

Facial Disability Index : ce que la paralysie faciale coûte au patient

Six mois après une paralysie faciale a frigore, un patient a récupéré une mimique presque symétrique. L’examinateur est satisfait ; le patient, beaucoup moins. Il mange encore du côté sain, son œil larmoie au repas, il évite les photos et sort moins. Ce décalage entre ce que mesure le clinicien et ce que vit le patient est fréquent en rééducation faciale. Le Facial Disability Index (FDI) sert à le rendre visible. Il ne grade pas la paralysie ; il chiffre son retentissement fonctionnel et psychosocial, et permet de suivre les séquelles au long cours.

Deux dimensions de l’incapacité faciale

Les 10 items se répartissent en deux sous-échelles de 5 items. La fonction physique explore les gestes que l’atteinte du nerf facial perturbe : mastiquer, parler, les troubles lacrymaux, le goût, et plus globalement la prise des repas. Le bien-être social et psychologique interroge le calme, le sentiment d’isolement, l’irritabilité, le sommeil et la participation à la vie sociale. Le FDI s’adresse aux atteintes du système neuromusculaire facial : paralysie de Bell, autres paralysies faciales périphériques, séquelles et syncinésies après récupération incomplète. C’est un auto-questionnaire : il donne la parole au patient, là où House-Brackmann et Sunnybrook donnent celle de l’examinateur.

Trois temps

Les pièges de lecture

Lire un score

Chez les 46 patients de la validation, les deux sous-échelles se sont montrées fiables (theta de 0,88 et 0,83). La sous-échelle physique suivait l’examen clinique du mouvement facial, et le FDI rendait mieux compte que le SF-36 du lien entre déficience, incapacité et état psychosocial. En revanche, aucun seuil d’incapacité — on lit parfois « 66 » — ni aucun changement minimal important n’a été validé dans cette étude : le FDI se lit donc en évolution, sous-échelle par sous-échelle.

Reprenons le patient. À six mois, son FDI est de 58. En regardant les réponses, les items de fonction physique sont presque normaux ; ce sont l’isolement, l’irritabilité et la vie sociale qui tirent le score vers le bas. L’échelle clinique ne voyait qu’une asymétrie résiduelle minime. La prise en charge change de cible : travail des syncinésies qui le gênent au repas, éducation, et, si besoin, orientation vers un accompagnement psychologique. Trois mois plus tard, un FDI à 76 — un gain de 18 points dont l’ampleur laisse peu de doute, même en l’absence de changement minimal important publié.

Pourquoi le patient et le clinicien divergent

Où il prend sa place

Le FDI s’intègre à un bilan facial complet associant la perception du patient et celle du clinicien : FDI + Sunnybrook Facial Grading System + House-Brackmann, selon nos sources. Le House-Brackmann donne un grade global, le Sunnybrook quantifie repos, mouvements volontaires et syncinésies, et le FDI mesure le retentissement. Il se répète au fil du suivi post-Bell pour dépister les séquelles psychosociales, et avant puis après une séance d’injection de toxine ou un programme de rééducation neuromusculaire.

À associer systématiquement à une échelle clinique

Un questionnaire court et fiable qui donne la voix du patient en rééducation faciale. Il se lit en regardant ses deux dimensions, dans le bon sens (100 = aucune incapacité), et complète le Sunnybrook et le House-Brackmann sans les remplacer.