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CAT : suivre l’impact de la BPCO en huit items et deux points

Toux, essoufflement, sommeil, énergie : le COPD Assessment Test résume l’impact de la BPCO sur 40. Seuil GOLD à 10, changement important à 2 points — et une mesure qui complète la spirométrie sans la remplacer.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 22/10/2026

CAT : suivre l’impact de la BPCO en huit items et deux points

Le VEMS d’un patient BPCO bouge peu d’une année à l’autre ; sa vie, elle, peut basculer en un hiver. En réhabilitation respiratoire, le kinésithérapeute a besoin d’un chiffre qui suive ce que le patient vit — toux, essoufflement, sommeil, énergie, envie de sortir — sans y passer un quart d’heure. Le COPD Assessment Test (CAT) remplit ce rôle en huit items. Il ne mesure pas la fonction respiratoire et ne remplace pas la spirométrie : il mesure l’impact de la maladie sur la santé et le quotidien.

Huit items, un seul score

Chaque item oppose deux phrases extrêmes entre lesquelles le patient se place sur une échelle de 0 à 5. Les huit dimensions sont la toux, les glaires, l’oppression thoracique, l’essoufflement en montée, la limitation des activités à domicile, la confiance pour sortir de chez soi, le sommeil et l’énergie. La somme donne un score de 0 à 40 où plus le score est élevé, plus l’impact est lourd. Le questionnaire officiel n’a pas de sous-scores, et l’application n’en calcule plus : elle affiche le total et le détail des huit items. Si un item reste sans réponse, le score n’est pas calculé (« NC ») plutôt que complété par une valeur arbitraire. Le CAT est intégré aux recommandations GOLD pour la stratification des symptômes.

Trois temps

Ce que le CAT ne voit pas

Seuils, précision et changement

L’application ne retient qu’un repère : le seuil de 10 de GOLD. Des tranches d’impact plus fines circulent dans les supports d’utilisation, mais elles ne sont pas affichées : le total se lit par rapport à 10 et par son évolution. Cette limite de 10 est celle de GOLD : moins de 10 place le patient peu exacerbateur en catégorie A, 10 ou plus en catégorie B. La fiabilité est bonne : α de Cronbach de 0,88 dans l’étude princeps (1 503 patients en Europe et aux États-Unis) et fidélité test-retest de 0,8 chez 53 patients stables. La corrélation avec le SGRQ est forte (r = 0,80), et l’écart moyen entre patients stables et patients en exacerbation atteignait 5 points : le CAT capte le vécu de la maladie, distinct de la fonction mesurée par la spirométrie.

Le changement minimal important est de 2 points (Kon 2014) : dans trois études prospectives — 565 patients en réhabilitation, 147 après une hospitalisation pour exacerbation, 164 patients stables —, les courbes ROC désignaient systématiquement 2 points. Un ordre de grandeur aide à lire un suivi : la réhabilitation de huit semaines fait baisser le score de 2,5 points en moyenne dans cette cohorte. Exemple : un patient entre en réhabilitation avec un CAT à 24 et le termine à 19. La baisse de 5 points dépasse le seuil de 2 et le double de la moyenne observée en réhabilitation ; il reste toutefois au-dessus du seuil de 10 de GOLD. Chez un patient stable, une hausse d’au moins 2 points entre deux évaluations doit faire rechercher une déstabilisation débutante.

Où il prend sa place

À garder comme mesure de suivi de la BPCO

Huit items, deux minutes, un score additif, un seuil GOLD à 10 et une marge de 2 points : le CAT est l’outil naturel du suivi en réhabilitation respiratoire. Il se lit avec la spirométrie et le contexte clinique de chaque passation.