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L Test : mesurer la mobilité fonctionnelle de l’amputé appareillé

Vingt mètres en forme de L, des virages dans les deux sens : le L Test allonge le TUG pour mieux suivre la rééducation prothétique. Fiabilité ICC 0,97, à lire en évolution dans des conditions identiques.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 24/09/2026

L Test : mesurer la mobilité fonctionnelle de l’amputé appareillé

Chez une personne amputée du membre inférieur, la question de la rééducation prothétique n’est pas seulement « marche-t-il ? », mais « avec quelle aisance se lève-t-il, tourne-t-il, repart-il ? ». Le Timed Up and Go répond en partie : trois mètres aller, trois mètres retour, un demi-tour. C’est court, et chez un patient appareillé, une bonne partie du temps se joue dans le lever et l’assise plutôt que dans la marche. Le L Test a été construit pour corriger ce biais : plus de distance, plus de virages, et deux sens de rotation. C’est un outil de mesure de la mobilité fonctionnelle, à répéter au fil de l’appareillage.

Ce que le parcours en L met à l’épreuve

Le test enchaîne les composantes de la mobilité quotidienne : le transfert assis-debout, la marche en ligne droite sur deux segments de longueur différente, des changements de direction — dont un virage à angle droit — puis le retour et l’assise. Le parcours de 20 mètres oblige le patient à tourner du côté prothétique comme du côté sain, ce qui révèle des stratégies d’évitement qu’un simple demi-tour masque souvent. Il s’adresse aux personnes amputées du membre inférieur, en cours de rééducation prothétique ou en suivi, et nos sources le décrivent comme plus discriminant que le TUG dans cette population.

Trois temps

Les pièges de passation

Lire un temps

La fiabilité du L Test est excellente, avec un ICC test-retest de 0,97 : deux passations chez un patient stable donnent des temps très proches. En revanche, aucun changement minimal cliniquement important ni aucune grille de mobilité n’a pu être vérifié : le temps se lit en évolution chez un même patient, dans des conditions identiques, en gardant à l’esprit que le niveau d’amputation, l’âge et l’étiologie vasculaire ou traumatique pèsent sur la performance.

Exemple : un homme de soixante-dix ans, amputé transtibial d’origine vasculaire, réalise le L Test en 48 secondes lors de ses premières semaines d’appareillage, avec un déambulateur. Six semaines plus tard, toujours avec le déambulateur, il le réalise en 41 secondes. Avec une fiabilité test-retest aussi élevée, un gain de 7 secondes, obtenu dans les mêmes conditions et cohérent avec ce que le patient décrit au quotidien, plaide pour un progrès réel. S’il était passé à la canne entre-temps, le même gain aurait été ininterprétable.

L Test ou TUG ?

Où il prend sa place

Nos sources proposent un bilan fonctionnel en trois volets : le L Test pour la mobilité avec transferts et virages, le test de marche de 2 minutes pour l’endurance, et l’Amputee Mobility Predictor (AMP) pour les capacités motrices et le niveau fonctionnel. Il se prête à un suivi avant et après une période de rééducation prothétique, et se complète utilement par des questionnaires comme le PEQ ou le PLUS-M, qui disent ce que le patient vit en dehors du cabinet.

À garder pour suivre la mobilité de l’amputé appareillé

Simple, très fiable et plus exigeant que le TUG, le L Test chiffre la mobilité fonctionnelle. Il se lit comme une évolution, dans des conditions strictement identiques.