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Arm Squeeze : départager le cou et l’épaule en serrant le bras

Serrer le bras à mi-hauteur, trois points d’écart sur l’échelle de douleur. Un rapport de vraisemblance négatif de 0,04 pour écarter l’origine cervicale d’une douleur d’épaule.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 28/10/2026

Arm Squeeze : départager le cou et l’épaule en serrant le bras

C’est la situation la plus banale et la plus piégeuse de l’épaule : le patient a mal, les tests de coiffe sont douteux, les amplitudes passives sont conservées, et vous ne savez pas si vous traitez une épaule ou un cou. Gumina a proposé en 2013 un test d’une simplicité déconcertante pour trancher — vous serrez le bras à mi-hauteur et vous comparez la douleur obtenue à celle que provoque la pression sur l’acromio-claviculaire et la région sous-acromiale. Sensibilité 96 %, spécificité de 91 à 100 % pour cette question précise.

Le geste, et pourquoi il fonctionne

Le mécanisme est mécanique et non neural au sens des tests de mise en tension : en comprimant les masses musculaires du bras, vous comprimez aussi les troncs nerveux qui les traversent. Sur un nerf déjà irrité en amont, au niveau radiculaire, cette compression réveille la douleur. Sur une épaule douloureuse mais dont les nerfs vont bien, elle reste en général moins douloureuse que la pression sur les structures de l’épaule elles-mêmes.

Trois temps

La comparaison n’est pas un détail, c’est le test

Ce que les chiffres disent vraiment

Sensibilité 96 %, spécificité de 91 à 100 % selon le groupe de comparaison. Sur 305 patients porteurs d’une compression radiculaire C5 à T1, 295 avaient un test positif. Chez les patients dont le problème était bien dans l’épaule, le test était positif chez 3,9 % des ruptures de coiffe et 8,3 % des omarthroses ; nos calculs retiennent la spécificité la plus prudente, 91 %. Le rapport de vraisemblance positif atteint 10,7 — juste au-delà du seuil de 10 — et le rapport négatif descend à 0,04, ce qui est excellent.

Ce profil désigne clairement son usage principal : c’est avant tout un test d’exclusion. Une douleur au bras qui ne dépasse pas celle de l’épaule rend une origine cervicale très improbable et vous autorise à concentrer votre bilan sur l’épaule. La revue de Thoomes (2018) le range d’ailleurs parmi les tests utiles pour écarter une radiculopathie cervicale, associé aux tests neurodynamiques négatifs.

Ce que ce test déplace réellement

Faites le calcul sur votre patient

Chez un patient dont l’origine de la douleur reste indéterminée après l’examen initial, avec environ 30 % de causes cervicales, un test positif porte la probabilité à 82 % et un test négatif la fait tomber à 2 %. C’est précisément ce qu’on attend d’un test d’orientation : il ferme une porte de façon nette.

Le domaine de validité, à ne pas dépasser

Attention à ne pas faire dire à ce test plus qu’il ne sait. Ses chiffres ont été établis pour distinguer une compression radiculaire C5 à T1 d’une pathologie d’épaule isolée, chez des patients où les deux hypothèses étaient en concurrence. Ils ne s’appliquent pas au dépistage d’une radiculopathie en population générale, et encore moins à la détermination du niveau radiculaire atteint — pour cela, c’est l’examen neurologique segmentaire, avec la force, les réflexes et la sensibilité.

Un test positif ne dispense donc pas de la suite : une fois l’origine cervicale rendue probable, il faut caractériser le niveau, chercher les signes de compression médullaire, et évaluer la sévérité. L’Arm Squeeze vous dit où chercher, pas ce que vous allez trouver.

À faire en tout début de bilan d’épaule

Quelques secondes, aucun matériel, aucune position contraignante, et une réponse à la question qui détermine tout le reste de votre examen. Sa place logique est avant les tests de coiffe, pas après.