Klair Décrypte
FSFI : mesurer la fonction sexuelle féminine en rééducation périnéale
Désir, excitation, lubrification, orgasme, satisfaction, douleur : le FSFI décrit la fonction sexuelle féminine en six domaines. Seuil de repérage à 26,55 sur 36 — et un profil à lire domaine par domaine.
Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 20/10/2026
Une patiente de 34 ans est adressée en rééducation périnéale huit mois après un accouchement avec déchirure. Les fuites urinaires ont disparu. Ce qui la gêne désormais, et qu’elle évoque à demi-mot en fin de séance, ce sont des douleurs pendant les rapports et un désir en berne. La dyspareunie et les troubles de la sexualité font partie des motifs de rééducation du plancher pelvien, mais ils se mesurent rarement. Le FSFI offre un cadre validé pour en parler et pour suivre l’évolution, domaine par domaine. Il ne pose pas de diagnostic ; il décrit une fonction.
Six domaines de la fonction sexuelle
Les domaines du FSFI suivent les grandes étapes de la réponse sexuelle, avec deux dimensions transversales. Le désir : sa fréquence et son intensité. L’excitation : sa fréquence et son niveau pendant l’activité sexuelle. La lubrification : sa fréquence et la difficulté à l’obtenir. L’orgasme : sa fréquence et sa difficulté. La satisfaction, notamment vis-à-vis de la relation avec le ou la partenaire. Et la douleur : pendant la pénétration, après, et son intensité. Pour le kinésithérapeute, ce dernier domaine est souvent le plus directement lié à la prise en charge — hypertonie du plancher pelvien, cicatrice périnéale, vaginisme — mais les autres domaines rappellent que la douleur retentit sur l’ensemble de la sexualité.
Trois temps
Les pièges de lecture
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Le repère principal est le seuil de 26,55 sur 36, établi par Wiegel (2005) chez 568 femmes avec dysfonction sexuelle et des témoins : à ce seuil, 70,7 % des femmes avec dysfonction et 88,1 % des femmes sans dysfonction sont correctement classées. C’est un seuil de repérage, pas un diagnostic : près de trois femmes avec dysfonction sur dix restent au-dessus. La fidélité test-retest est bonne (0,79 à 0,86 selon les domaines, Rosen 2000), ce qui autorise un suivi. Aucun changement minimal important n’a en revanche été établi : en suivi, fiez-vous à l’évolution du domaine ciblé par la prise en charge — la douleur, le plus souvent en rééducation — et à sa cohérence avec le ressenti de la patiente.
Reprenons la patiente. Au bilan, son total est de 21, sous le seuil de 26,55. Le profil est parlant : les domaines désir, excitation et satisfaction sont modérément abaissés, mais c’est le domaine douleur qui est le plus bas. Le bilan périnéal retrouve une cicatrice sensible et une hypertonie de défense. Après douze semaines de travail cicatriciel, de relâchement et de désensibilisation progressive, le total atteint 28, au-dessus du seuil, porté surtout par le domaine douleur. En l’absence de changement minimal important, c’est la concordance entre le domaine douleur, l’examen et le récit de la patiente qui valide le progrès.
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Où il prend sa place
Le FSFI trouve sa place en rééducation pelvi-périnéale féminine : post-partum, douleurs pelviennes chroniques, dyspareunies, vaginisme, suites de chirurgie ou de traitements oncologiques pelviens. Il se complète par l’examen du plancher pelvien, par une échelle de douleur, et, quand des symptômes urinaires, anorectaux ou de prolapsus coexistent, par le PFDI-20 ou l’ICIQ-UI SF. Le faire remplir au début et à la fin de la prise en charge suffit souvent ; le multiplier en cours de suivi alourdit un sujet déjà délicat.
À proposer avec tact, dans sa version complète
Un questionnaire validé et multidimensionnel qui décrit la fonction sexuelle féminine et suit l’effet de la rééducation, surtout sur la douleur. Il se lit domaine par domaine, avec un seuil de repérage à 26,55 sur le total pondéré.