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EPDS (échelle d’Édimbourg) : repérer la dépression post-natale en rééducation

Dix questions, deux seuils et un item qui prime sur le score : l’échelle d’Édimbourg permet à la kinésithérapeute qui suit une jeune mère de repérer une dépression post-natale et d’orienter à temps.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 22/10/2026

EPDS (échelle d’Édimbourg) : repérer la dépression post-natale en rééducation

Huit semaines après son accouchement, une patiente commence sa rééducation périnéale. Elle parle de fuites, de douleurs à la reprise des rapports, de fatigue. Elle parle moins de ses larmes quotidiennes, de sa culpabilité de « ne pas y arriver », de ses nuits blanches même quand le bébé dort. La kinésithérapeute qui la voit en séances régulières, dans un cadre intime, est souvent l’une des soignantes les mieux placées pour repérer une dépression post-natale. L’EPDS est l’outil conçu pour ce repérage : court, accepté par les patientes, et facile à coter.

Ce que l’échelle explore

Les dix items portent sur la période récente et couvrent trois registres. L’humeur et le plaisir : capacité à rire et à voir le bon côté des choses, plaisir à envisager l’avenir, tristesse, pleurs, malheur au point de perturber le sommeil. L’anxiété : inquiétude sans motif, peur ou panique sans raison, sentiment d’être dépassée. La culpabilité et la pensée de se faire du mal. Aucun item ne porte sur la fatigue, l’appétit ou le manque de sommeil lié au nourrisson : ces symptômes, habituels après une naissance, ne gonflent donc pas le score. Elle s’adresse aux femmes pendant la grossesse et après l’accouchement.

Trois temps

L’item 10 prime sur le score

Lire un score

Les seuils retenus viennent de la méta-analyse de Levis et al. (2020, BMJ), qui a réanalysé les données individuelles de plus de 15 000 femmes enceintes ou accouchées. À partir de 11, le dépistage est positif : c’est le seuil qui équilibre le mieux sensibilité (81 %) et spécificité (88 %) face à un entretien diagnostique ; la situation mérite d’être abordée avec la patiente et une évaluation clinique organisée. À partir de 13, le seuil est plus spécifique (95 %) mais moins sensible (66 %) : il repère les patientes aux symptômes les plus marqués, pour qui l’orientation vers un médecin s’impose. Un seuil plus bas, à 10, rate moins de dépressions (sensibilité 85 %) au prix de davantage de faux positifs. Un score sous le seuil n’exclut ni une souffrance passagère, ni une évolution dans les semaines suivantes, et un score positif appelle une évaluation, pas une étiquette.

Exemple : notre patiente obtient 12 sur 30 et répond « jamais » à l’item 10. Le dépistage est positif, sous le seuil plus spécifique de 13. La kinésithérapeute lui restitue le résultat simplement — « vos réponses montrent que ces semaines sont lourdes » —, lui demande si elle en a parlé à sa sage-femme ou à son médecin, et lui propose de refaire le questionnaire deux séances plus tard. À la troisième séance, le score est de 15 : il franchit le seuil de 13, et la patiente accepte d’être orientée vers son médecin.

Pourquoi en rééducation périnéale

Où il prend sa place

L’EPDS se place au bilan initial de la rééducation post-natale, à côté des questionnaires de symptômes pelvi-périnéaux. Il ne remplace pas l’entretien : il le structure. Il ne fait pas non plus de la kinésithérapeute une thérapeute de la dépression : son rôle est de repérer, de nommer et d’orienter vers la sage-femme, le médecin ou le psychologue.

À proposer en rééducation post-natale

Court, bien accepté et centré sur l’humeur plutôt que sur la fatigue du post-partum, l’EPDS permet un repérage simple. Il se lit avec deux seuils et un item qui prime sur le total.