Klair Décrypte
EQ-5D-5L : cinq cases et un curseur pour décrire la santé
Cinq dimensions, cinq niveaux et une échelle de 0 à 100 : l’EQ-5D-5L décrit l’état de santé global en un instant. Un profil qui se lit case par case, jamais en additionnant, et un EQ-VAS à suivre chez le patient lui-même, faute de seuil universel.
Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 21/10/2026
Un patient lombalgique chronique améliore son score fonctionnel de six semaines en six semaines, et pourtant il dit aller « pareil ». Le questionnaire du dos regarde le dos ; lui parle de son sommeil, de son moral, de sa vie. Les outils génériques de santé servent précisément à capter ce décalage. L’EQ-5D-5L est le plus bref d’entre eux : cinq questions et une échelle, remplies en un instant, qui décrivent un état de santé global plutôt qu’une incapacité régionale. Il ne remplace pas le questionnaire spécifique ; il le met en perspective.
Cinq dimensions, un curseur
Le système descriptif explore cinq dimensions : la mobilité — marcher —, l’autonomie — se laver, s’habiller —, les activités courantes — travail, études, tâches domestiques, loisirs —, les douleurs ou la gêne, et l’anxiété ou la dépression. Pour chacune, le patient choisit un niveau parmi cinq, de l’absence de problème à l’incapacité ou au problème extrême. La période de référence est aujourd’hui, pas la semaine écoulée. La sixième question est l’EQ-VAS : le patient place son état de santé du jour sur une échelle de 0, le pire état imaginable, à 100, le meilleur. Le questionnaire est générique : il s’adresse à tout adulte, quelle que soit la pathologie, ce qui permet de comparer des patients très différents et de dialoguer avec les médecins et les chercheurs qui l’utilisent.
Trois temps
Ce qu’il ne faut pas faire
Lire un résultat
Le profil se lit comme une carte : il montre où se situe le problème. Un profil 13241, par exemple, décrit un patient qui marche sans difficulté, a des difficultés modérées pour se laver ou s’habiller, de légères difficultés dans ses activités courantes, une douleur sévère et aucune anxiété. Pour l’EQ-VAS, l’application affiche le chiffre tel quel, sans palier : aucun seuil d’interprétation ne s’applique à tous les patients, et un 60 n’a pas le même sens à 25 ans qu’à 85 ans ou au décours d’une chirurgie. Le chiffre se lit d’abord par rapport au patient lui-même, d’une évaluation à l’autre.
Pour le suivi, il n’existe pas de changement minimal important universel de l’EQ-VAS : les valeurs publiées varient selon la pathologie et la méthode, et l’application n’en retient aucune. Une patiente qui passe de 45 à 50 ne permet donc pas de conclure : la variation peut relever de l’humeur du jour. Si elle atteint 62 à la réévaluation suivante et s’y maintient, une hausse de 17 points, stable dans le temps, devient un signal clinique crédible. Regardez alors le profil : si l’EQ-VAS monte alors que la dimension douleur reste au niveau 4, l’amélioration perçue passe par autre chose que la douleur — reprise d’activités, moral — et c’est une information clinique en soi.
Profil et curseur ne disent pas la même chose
Où il prend sa place
L’EQ-5D-5L s’ajoute, en quelques secondes, à un questionnaire spécifique de région — Oswestry pour le rachis lombaire, DASH pour le membre supérieur — quand on veut documenter l’état de santé global, par exemple au bilan initial et en fin de prise en charge. Pour un profil plus détaillé de la santé physique et mentale, le SF-12 ou le SF-36 vont plus loin, au prix d’une passation plus longue. Sa brièveté en fait un bon candidat pour les suivis répétés et les populations fragiles, chez qui chaque question de plus compte.
À associer à un questionnaire spécifique
Un profil de santé générique ultra-court, qui situe le patient au-delà de sa pathologie. Il se lit dimension par dimension, jamais en additionnant les niveaux ; l’EQ-VAS se suit chez le patient lui-même, sur des changements francs et durables.