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BCTQ (questionnaire de Boston) : suivre le canal carpien en deux scores

Symptômes d’un côté, fonction de l’autre : le questionnaire de Levine est la référence pour suivre un canal carpien après orthèse, infiltration ou chirurgie. Deux moyennes de 1 à 5, et un changement minimal important encore discuté.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 30/09/2026

BCTQ (questionnaire de Boston) : suivre le canal carpien en deux scores

Le diagnostic d’un syndrome du canal carpien repose sur l’histoire, les tests de provocation — Phalen, Durkan, Tinel — et, si besoin, l’électroneuromyographie. Une fois ce diagnostic posé, une autre question commence : l’orthèse de nuit fonctionne-t-elle ? La chirurgie a-t-elle tenu ses promesses ? L’ENMG répond mal à cette question, parce que la conduction nerveuse et le vécu du patient évoluent à des rythmes différents. Le BCTQ a été construit pour mesurer ce que ressent et ce que peut faire le patient, et c’est aujourd’hui le questionnaire de référence du canal carpien.

Deux échelles, deux questions

La SSS (Symptom Severity Scale) explore en 11 items la douleur de jour et de nuit, sa fréquence et sa durée, les réveils nocturnes, les engourdissements, les fourmillements, la faiblesse et la maladresse pour les petits objets. La FSS (Functional Status Scale) explore en 8 items le retentissement sur des activités ciblées : écrire, boutonner, tenir un livre ou un téléphone, ouvrir un bocal, les tâches ménagères, porter des courses, la toilette et l’habillage. La période de référence est celle des deux dernières semaines. Le questionnaire s’adresse aux patients porteurs d’un canal carpien, qu’il soit traité de façon conservatrice ou chirurgicale.

Trois temps

Les pièges de lecture

Ce qu’un changement veut dire

La reproductibilité est élevée : dans l’étude princeps de Levine (1993), le coefficient de corrélation test-retest atteignait 0,91 pour la SSS et 0,93 pour la FSS, avec une cohérence interne de 0,89 et 0,91, et les deux scores s’amélioraient nettement après chirurgie. Le changement minimal cliniquement important dépend du contexte, et c’est ce qui explique les chiffres discordants qui circulent. Après libération chirurgicale, Kim et Jeon l’ont fixé chez 66 patients à 1,14 point pour la SSS, 0,74 point pour la FSS et 0,92 pour le score global. Après infiltration, Ozyürekoğlu l’a fixé chez 28 patients à 1,04 point pour la SSS. Retenez donc environ un point pour les symptômes et trois quarts de point pour la fonction.

Exemple : une patiente de cinquante-cinq ans, réveillée chaque nuit par des paresthésies, obtient une SSS de 3,2 et une FSS de 2,6 avant une libération chirurgicale. Trois mois plus tard, la SSS est à 1,6 et la FSS à 2,0. Les symptômes ont baissé de 1,6 point : le changement est net, au-delà de toutes les valeurs proposées. La fonction n’a gagné que 0,6 point : c’est sous le seuil de 0,74 retenu après chirurgie, l’amélioration n’est donc pas encore démontrée. Ce décalage est classique après chirurgie — les paresthésies nocturnes cèdent vite, la force et la dextérité reviennent plus lentement — et il oriente la rééducation vers la fonction.

Où il prend sa place

Le BCTQ s’utilise avant et après une orthèse nocturne, une infiltration ou une chirurgie. Il ne remplace ni l’examen clinique — Phalen, Durkan, Tinel, cluster de Wainner — ni l’ENMG, mais leur ajoute la dimension vécue. Face au DASH, questionnaire générique du membre supérieur, il a l’avantage d’être construit pour le seul canal carpien ; le DASH reste utile quand d’autres atteintes s’y ajoutent. Complétez avec une échelle de douleur et la force de préhension au dynamomètre.

À garder pour suivre tout canal carpien

Spécifique, fiable et sensible au changement, le BCTQ mesure symptômes et fonction séparément. Il se lit en deux moyennes de 1 à 5, avec un changement important d’environ un point pour les symptômes et trois quarts de point pour la fonction.