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Amplitudes du coude : mesurer l’arc qui compte, pas l’arc idéal

Flexion, extension, pronation, supination : quatre mesures au goniomètre, lues contre le côté sain et contre l’arc fonctionnel de Morrey, 30-130° et 50°-50°. La base de tout bilan de coude raide.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 24/09/2026

Amplitudes du coude : mesurer l’arc qui compte, pas l’arc idéal

Le coude a la réputation d’être l’articulation qui s’enraidit le plus vite. Après une fracture de la tête radiale, une luxation ou une immobilisation plâtrée, la première question du kinésithérapeute est donc toujours la même : combien de degrés manque-t-il, et est-ce que cela gêne ? Le goniomètre répond à la première partie. La seconde se lit contre un repère simple, l’arc fonctionnel. Mesurer les amplitudes passives n’est pas un test diagnostique : c’est une mesure, qui fixe un point de départ et suit la récupération.

Quatre amplitudes, deux arcs

Le coude se mesure dans deux plans. En flexion-extension comme en prono-supination, il n’existe pas de norme unique : dans une série de 674 sujets sains de 2 à 69 ans, Soucie 2011 retrouve des amplitudes qui varient avec l’âge et le sexe et diffèrent souvent des normes habituellement citées — d’où l’intérêt de toujours comparer au côté sain. Surtout, la norme n’est pas l’objectif : Morrey a montré que 30 à 130° de flexion-extension et 50° de pronation et de supination suffisent pour la plupart des quinze activités de la vie quotidienne qu’il a étudiées ; seuls quelques gestes, comme atteindre l’arrière de la tête, demandent davantage — environ 140° de flexion. C’est l’arc fonctionnel, repère central de la rééducation du coude. La mesure concerne tout patient présentant une raideur, post-traumatique, post-chirurgicale ou dégénérative.

Trois temps

Trois pièges de mesure

Ce qu’un déficit veut dire

La goniométrie du coude est fiable à condition de connaître son erreur : selon Armstrong 1998, une variation de moins de 6 à 8° chez un même examinateur, ou de moins de 10° entre deux examinateurs, peut n’être que du bruit de mesure ; un goniomètre électronique réduit l’écart entre examinateurs. Pour l’interprétation, le repère vérifié reste l’arc fonctionnel : en dehors de 30-130°, une partie des gestes quotidiens étudiés par Morrey devient difficile. À l’extrémité de la flexion, les gestes d’hygiène demandent davantage : Morrey mesure environ 140° de flexion pour atteindre l’occiput, et 15° seulement pour lacer une chaussure.

Exemple. Six semaines après une fracture de la tête radiale traitée orthopédiquement, une patiente de 38 ans présente un arc de 35-115° (80° d’amplitude), contre 0-145° du côté sain, avec une pronation à 60° et une supination à 45°. Elle est hors de l’arc fonctionnel sur trois bornes : extension, flexion et supination. Huit semaines plus tard, l’arc atteint 20-130° et la supination 55°. Elle reste loin du côté sain — 20° d’extension et 15° de flexion en moins — mais elle est entrée dans l’arc fonctionnel, suffisant selon Morrey pour la plupart des gestes quotidiens. C’est ce seuil, plus que les derniers degrés, qui fixe la priorité des séances.

La sensation de fin de course oriente

Où elle prend sa place

La mesure des amplitudes est la base de tout examen du coude et se réalise en premier. Elle se complète par l’évaluation de la douleur et par un score fonctionnel : le Mayo Elbow Performance Score intègre l’arc de flexion-extension dans un bilan post-chirurgical, et un questionnaire rempli par le patient, comme le DASH ou l’Oxford Elbow Score, dit ce que ces degrés changent au quotidien. La prono-supination, absente de plusieurs scores, doit être notée à part à chaque bilan.

À garder comme mesure de base du coude

Simple, fiable si le protocole est tenu, et directement interprétable grâce à l’arc fonctionnel de Morrey. Elle se lit contre le côté sain et contre cet arc, et se complète par un score fonctionnel.