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AC shear test : poser la question à l’acromio-claviculaire

Une articulation arthrosique sur toutes les radios, douloureuse chez quelques-uns seulement. Comment le test de cisaillement, la palpation et le doigt du patient permettent de lui attribuer la douleur.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 24/09/2026

AC shear test : poser la question à l’acromio-claviculaire

L’articulation acromio-claviculaire est petite, superficielle, et presque toujours arthrosique à partir d’un certain âge sur les images. C’est ce qui en fait un diagnostic piège : on la retrouve abîmée sur une radiographie chez des patients qui n’en souffrent pas, et on la méconnaît chez d’autres dont elle est la seule source de douleur. L’AC shear test est l’un des moyens de lui poser directement la question.

Une articulation qui encaisse les forces de la ceinture

L’acromio-claviculaire relie la clavicule à l’acromion : c’est le seul point d’attache osseux entre le membre supérieur et le tronc, par l’intermédiaire de la clavicule et du sterno-claviculaire. Chaque mouvement de la scapula la sollicite, et en particulier les mouvements où la scapula et la clavicule se rapprochent — l’adduction horizontale, les pompes, le développé couché. C’est pourquoi l’arthropathie acromio-claviculaire et l’ostéolyse de la clavicule distale sont fréquentes chez les pratiquants de musculation et les travailleurs de force.

L’AC shear test reproduit cette contrainte de la façon la plus directe : il comprime l’interligne et fait glisser les surfaces, exactement comme le grind test d’une autre articulation arthrosique. Il sollicite à la fois le cartilage, le disque intra-articulaire et les ligaments acromio-claviculaires.

Trois temps

Le doigt du patient vaut un test

Les chiffres, et la variabilité

Aucune sensibilité ni spécificité n’a pu être vérifiée dans une source accessible pour ce test : nous n’en tirons ni rapport de vraisemblance ni probabilité post-test, et le test se lit comme un élément d’orientation parmi d’autres.

Les études publiées sur ce test sont par ailleurs très hétérogènes, et cette dispersion tient surtout à la définition de la maladie : on ne trouve pas la même sensibilité selon qu’on étudie des luxations traumatiques, des arthropathies dégénératives vérifiées par infiltration, ou des patients opérés. Les données le disent aussi : la sensibilité est « dépendante du grade de la lésion ».

La conséquence pratique est celle que cette rubrique a souvent tirée : pour une articulation dont aucun test isolé ne suffit, on additionne des arguments indépendants. Les données proposent le groupement « AC shear + adduction horizontale + palpation ». La palpation est sensible, l’adduction horizontale forcée — le cross-body — comprime l’interligne par un autre mécanisme, et le shear test ajoute sa spécificité. Plusieurs positifs concordants, et une douleur que le patient montre du doigt sur l’interligne, forment un tableau solide.

Ce que cela change en rééducation

Identifier l’acromio-claviculaire change la prise en charge. Une arthropathie acromio-claviculaire ne se traite pas comme une tendinopathie de coiffe : les exercices qui soulagent la coiffe — travail en élévation, renforcement en rotation — peuvent être bien tolérés, mais ceux qui compriment l’interligne l’entretiennent. Chez le sportif de musculation, on adapte d’abord les gestes provocateurs : prises plus larges ou amplitude réduite au développé couché, dips et pompes profondes suspendus temporairement, adduction horizontale chargée évitée.

Et après un traumatisme — une chute sur le moignon de l’épaule, un plaquage —, la question n’est plus « acromio-claviculaire ou pas » mais celle du grade, qui conditionne la conduite à tenir : c’est l’objet de la touche de piano et de la radiographie comparative. Un test de cisaillement vigoureux n’a pas sa place sur une entorse fraîche de haut grade.

À faire dans le groupement acromio-claviculaire

Un test de confirmation modeste aux études hétérogènes. Associé à la palpation, à l’adduction horizontale et à une douleur que le patient localise du doigt, il permet d’attribuer la douleur à l’acromio-claviculaire.