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LCI-5 : mesurer l’autonomie de marche de l’amputé en rééducation

Quatorze activités, de se lever d’une chaise à sortir sous la pluie, cotées de « impossible » à « seul sans aide ». Score sur 56, changement cliniquement important à 7 points — et une limite chez l’amputé très actif.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 09/10/2026

LCI-5 : mesurer l’autonomie de marche de l’amputé en rééducation

En rééducation prothétique, la question qui compte n’est pas seulement « marche-t-il ? », mais « que peut-il faire, et avec qui à côté de lui ? ». Se lever d’une chaise, monter un trottoir, ramasser un objet tombé, sortir sous la pluie : chaque activité peut être impossible, possible avec l’aide d’un tiers, sous surveillance, ou seul. Le LCI-5 transforme ces nuances en un score, et il dispose d’une différence minimale cliniquement importante établie pendant la rééducation. Ce n’est pas un outil diagnostique : c’est une mesure de l’autonomie locomotrice avec la prothèse.

Quatorze activités, deux niveaux de difficulté

Le questionnaire porte sur 14 activités réalisées prothèse en place, réparties en deux sous-scores de 7 items (Larsson 2009). Les activités de base regroupent les transferts depuis une chaise, la marche à l’intérieur et à l’extérieur sur sol régulier, les escaliers avec rampe et le franchissement d’un trottoir. Les activités avancées ajoutent ce qui met la prothèse à l’épreuve : ramasser un objet au sol, se relever du sol, marcher en terrain irrégulier ou par mauvais temps, prendre les escaliers sans rampe, marcher en portant un objet. La version d’origine cotait chaque activité de 0 à 3 ; la dernière réponse, « oui, seul », a été scindée en deux pour créer le LCI-5 — seul avec aide technique, seul sans aide technique.

Trois temps

Les pièges de passation et de lecture

Ce qu’un chiffre veut dire

La fiabilité est très bonne : cohérence interne α de 0,95 et ICC de 0,98 chez 50 patients récemment amputés en rééducation, avec un effet plafond plus faible et une meilleure sensibilité au changement que la version à quatre niveaux (Franchignoni 2004). Le repère clé vient de Franchignoni (2019) : chez 110 patients évalués avant et après leur programme d’entraînement prothétique, le changement minimal détectable était de 5,66 points, la différence minimale cliniquement importante de 7 points — 12,5 % du score maximal — et une amélioration importante commençait à 12 points. Ces seuils ont été établis pendant la rééducation, et non chez l’amputé stabilisé depuis des années.

Concrètement, un patient qui passe de 30 à 35 points entre l’entrée et la sortie de centre reste sous le changement minimal détectable : le progrès est possible, pas démontré. S’il atteint 43 points, les 13 points gagnés dépassent le seuil de l’amélioration importante. La lecture des sous-scores précise le tableau : un patient à 26 sur 28 en activités de base et 10 sur 28 en activités avancées est autonome chez lui, mais pas encore dehors — c’est là que se trouve le travail.

Le patient qui marche déjà beaucoup

Où il prend sa place

Le LCI-5 trouve sa place à l’entrée et à la sortie de centre, et aux consultations de suivi des premiers mois d’appareillage. Dans l’étude de Franchignoni (2004), il corrélait avec l’indice de mobilité de Rivermead, un test de marche chronométré et la Mesure d’indépendance fonctionnelle (ρ de 0,61 à 0,76) ; les patients amputés tibiaux y étaient plus autonomes que les amputés fémoraux. Il se complète par une mesure de performance — test de marche de 2 minutes, Timed Up and Go, L Test — qui vérifie ce que le patient déclare, et par l’échelle de Houghton quand il faut aller vite.

À garder pour suivre la rééducation prothétique

Un questionnaire fiable, lisible en deux sous-scores, avec un seuil de changement cliniquement important établi pendant la rééducation. Il perd en précision chez l’amputé très actif, et ses modalités intermédiaires sont imparfaites.