Klair Décrypte
BSHS-B : neuf domaines pour mesurer la vie après une brûlure
40 items, neuf domaines — main, chaleur, travail, image corporelle… —, un score de 0 à 160 où plus haut veut dire mieux. Le questionnaire spécifique du brûlé, à lire domaine par domaine plutôt que sur son total.
Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 24/09/2026
La brûlure est cicatrisée, les greffes ont pris, le patient a quitté le centre. Pour l’équipe chirurgicale, l’épisode est clos. Pour le patient, il commence souvent une autre histoire : des mains qui manquent de force, une peau qui ne supporte plus la chaleur, un travail difficile à reprendre, un corps qu’on n’ose plus montrer. Le kinésithérapeute qui suit ces patients pendant des mois a besoin d’un outil qui mesure ces conséquences. La BSHS-B est un questionnaire spécifique des brûlés : ses questions ont été choisies pour eux, et non adaptées d’un questionnaire générique.
Neuf domaines de la vie après la brûlure
Kildal 2001 a soumis les 94 questions des versions antérieures à 248 anciens patients du centre des brûlés d’Uppsala, traités entre 1980 et 1995, et en a extrait par analyse factorielle 40 items répartis en neuf domaines. Selon la répartition détaillée par Wang 2024 : capacités simples (3 items), fonction de la main (5), affect (7), relations interpersonnelles (4), sexualité (3), image corporelle (4), sensibilité à la chaleur (5), contraintes du traitement (5) et travail (4). La version népalaise de Shakya 2020 regroupe ces domaines en trois ensembles : fonction physique, domaines propres à la brûlure — chaleur et traitement —, et fonction sociale et économique.
Trois temps
Pièges de lecture
Ce qu’un score permet de dire
La structure en neuf domaines est solide : dans l’étude de Kildal, la cohérence interne de chaque domaine allait de 0,75 à 0,93, et les domaines n’étaient que modérément corrélés entre eux (0,11 à 0,56), signe qu’ils mesurent bien des choses différentes. Les adaptations culturelles confirment ces qualités : la version népalaise de Shakya 2020, chez 111 patients, affiche une cohérence interne globale de 0,93, une fiabilité test-retest de 0,92 à 0,98, retrouve les neuf facteurs et distingue les brûlures du visage, du membre supérieur et du membre inférieur. Aucune différence minimale importante n’est établie dans les sources lues.
Les facteurs associés à un meilleur score renseignent aussi la rééducation. Chez les 352 patients de Wang 2024, un meilleur score deux ans après la brûlure était associé à moins de prurit, à une meilleure préparation à la sortie, à une surface brûlée plus faible, à une meilleure participation sociale, à un meilleur sommeil, à un âge plus élevé, à un emploi de bureau et à une brûlure non électrique. Plusieurs de ces facteurs — le prurit, le sommeil, la participation sociale — sont modifiables, et la brûlure de la main pèse lourd : c’est là que la rééducation a le plus à gagner.
Où elle prend sa place
À garder pour suivre la santé perçue du brûlé
Un questionnaire spécifique, court pour son contenu, avec une structure en neuf domaines solide et de bonnes qualités de mesure. Il se lit domaine par domaine, dans le bon sens — plus haut est mieux —, en complément des mesures objectives.