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BWAT (Bates-Jensen) : treize critères pour suivre une plaie chronique

Taille, profondeur, berges, nécrose, exsudat, peau autour : treize items cotés de 1 à 5 pour suivre la cicatrisation d’une escarre ou d’un ulcère. Fiabilité du score de 0,90, mais des items fragiles, surtout sur peau foncée.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 01/10/2026

BWAT (Bates-Jensen) : treize critères pour suivre une plaie chronique

Une escarre sacrée chez un patient paraplégique, un ulcère de jambe chez une patiente âgée : le kinésithérapeute qui intervient sur ces patients — installation, mobilisation, parfois agents physiques — a besoin de savoir si la plaie évolue. « Elle a l’air mieux » ne suffit pas, ni pour ajuster la prise en charge, ni pour échanger avec l’infirmière ou le médecin. Le BWAT décompose la plaie en treize caractéristiques observables et en tire un score. C’est un outil de suivi très détaillé ; il demande en échange une vraie rigueur d’observation.

Treize caractéristiques d’une plaie

Selon Harris 2010, les treize items couvrent les dimensions de la plaie — taille, profondeur, berges, décollement —, le lit de la plaie — type et quantité de tissu nécrotique, tissu de granulation, épithélialisation —, les sécrétions — type et quantité d’exsudat — et la peau environnante — couleur, œdème et induration périlésionnels. Chaque item est coté sur une échelle de 1 à 5, où 1 décrit l’attribut le plus sain et 5 le plus altéré. Treize items fois cinq niveaux : 65 descriptions, que le guide illustré validé par Harris et ses collaborateurs associe chacune à une photographie de référence.

Trois temps

Les items qui divergent entre évaluateurs

Ce que vaut le score

La première étude de fiabilité, celle de Bates-Jensen 1992, portait sur 20 escarres de 10 patients, cotées indépendamment par deux infirmières stomathérapeutes à deux reprises : fiabilité inter-évaluateurs de 0,91 puis 0,92, intra-évaluateur de 0,96 à 0,99. L’étude de 2019 l’a confirmée à grande échelle : 142 résidents d’établissements de soins, 305 escarres suivies 16 semaines, 1 161 observations, fiabilité du score r = 0,90. Le score distinguait les stades d’escarre et reflétait leur évolution : 18,4 points en moyenne pour les escarres qui ont guéri, contre 24,9 pour celles qui ont persisté. En version turque, Karahan 2014 retrouve une fiabilité inter-évaluateurs de 0,82 entre une infirmière experte et une infirmière de service, et une cohérence interne (α de Cronbach) de 0,85.

Aucune différence minimale cliniquement importante n’a été publiée dans les sources que nous avons lues : le BWAT se lit donc comme une tendance sur plusieurs évaluations plutôt que sur l’écart entre deux cotations. Exemple : une escarre sacrée cotée 38 à l’admission, 33 à deux semaines puis 27 à quatre semaines montre une progression cohérente, portée par la diminution de la nécrose et de l’exsudat. Un score qui stagne ou remonte, surtout par les items nécrose, exsudat ou induration, doit faire rechercher une infection, un défaut de décharge ou une dénutrition.

BWAT ou PUSH ?

À garder pour un suivi détaillé des plaies chroniques

Un outil complet et fiable, qui décrit la plaie en treize caractéristiques et suit sa cicatrisation sur un score de 13 à 65. Certains items, comme la couleur périlésionnelle, sont moins reproductibles, notamment sur peau foncée ; aucune différence minimale importante n’est établie dans nos sources.