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Appui unipodal 30 secondes : confirmer une tendinopathie fessière sans poser la main

Spécificité 100 % pour la tendinopathie fessière chez Grimaldi, sans poser la main — mais une sensibilité de 38 % : il confirme, il n’écarte pas. Et pourquoi le diagnostic change entièrement le traitement.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 15/10/2026

Appui unipodal 30 secondes : confirmer une tendinopathie fessière sans poser la main

La douleur latérale de hanche a longtemps été appelée « bursite trochantérienne », et longtemps testée par la palpation du grand trochanter — geste sensible, mais douloureux chez beaucoup de patients sans tendinopathie, donc peu spécifique. Le test qui l’a remplacé ne demande aucune main : vous faites tenir votre patient sur une jambe et vous chronométrez. Si la douleur apparaît avant trente secondes, la spécificité atteint 100 % dans l’étude de référence.

Le geste, et le chronomètre

Le mécanisme est une mise en charge, pas une mise en tension. En appui unipodal, le moyen fessier doit maintenir le bassin horizontal contre le poids du corps, et il le fait en comprimant le tendon contre le grand trochanter. Une tendinopathie ne supporte pas cette compression prolongée. Le test ne cherche donc pas une douleur immédiate mais une douleur qui s’installe.

Trois temps

Le siège de la douleur fait le test

Deux études, deux populations, et ce qu’il faut retenir

Deux études ont chiffré ce test, et elles ne décrivent pas les mêmes patients. Lequesne, en 2008, a comparé 17 patients souffrant d’un syndrome douloureux du grand trochanter réfractaire, tous porteurs de lésions à l’IRM, à des témoins sans douleur de hanche : sensibilité 100 %, spécificité 97 %. Ce schéma, qui oppose des malades avérés à des sujets sains, gonfle mécaniquement les deux valeurs.

Grimaldi, en 2017, a étudié les patients que vous voyez : 65 personnes consultant pour une douleur latérale de hanche, et une IRM lue en aveugle. La spécificité reste de 100 % — aucun patient sans tendinopathie à l’IRM n’a eu de douleur en moins de trente secondes —, mais la sensibilité tombe à 38 %. C’est la valeur à retenir : ce test sert à confirmer, pas à écarter. Un patient qui tient trente secondes sans douleur n’a pas écarté une tendinopathie fessière, en particulier si vous l’avez testé un jour où ses symptômes étaient calmes.

Une spécificité de 100 % rend le rapport de vraisemblance positif mathématiquement infini — un effet de petit échantillon, pas une propriété du test. Les auteurs rapportent un rapport d’environ 12 et une probabilité post-test de 98 % pour une probabilité de départ nominale de 50 %. Retenez l’ordre de grandeur : au-delà de 10, un test positif est concluant. Le rapport négatif, lui, se calcule : 0,62.

Ce que ce test déplace réellement

Faites le calcul sur votre patient

Partant d’une chance sur deux chez un patient consultant pour une douleur latérale de hanche, un test positif porte la probabilité à 98 % selon les auteurs : la conclusion est solide, et vous pouvez engager le traitement sans imagerie. Un test négatif, en revanche, ne la ramène qu’à 38 % : la tendinopathie reste une hypothèse sérieuse, à explorer par la palpation et les tests résistés.

Ce que le résultat change concrètement

Poser une tendinopathie fessière plutôt qu’une bursite modifie entièrement la prise en charge, et c’est là tout l’enjeu. Une bursite appelle le repos et l’anti-inflammatoire. Une tendinopathie appelle la charge — progressive, contrôlée, avec un travail excentrique et isométrique du moyen fessier. Les deux prises en charge sont opposées, et se tromper coûte des mois.

Le mécanisme du test vous donne d’ailleurs le premier conseil à donner. Puisque la compression du tendon contre le grand trochanter est le facteur aggravant, il faut supprimer les positions qui la maximisent : dormir sur le côté douloureux, croiser les jambes, s’asseoir très bas, et rester longtemps en appui unipodal. Ce sont des consignes concrètes, immédiatement applicables, et elles découlent directement de ce que vous venez de démontrer.

À adopter en remplacement de la palpation trochantérienne

Aucun matériel, aucun contact, un chronomètre. Il confirme la tendinopathie fessière avec une spécificité que la palpation n’a jamais eue, et il fournit un indicateur de suivi chiffré — le délai d’apparition de la douleur.