Klair Décrypte
Action Research Arm Test : ce que le bras hémiparétique sait vraiment faire
Des blocs, une bille, un verre d’eau : l’ARAT mesure en 19 items la capacité du membre supérieur après AVC. Score sur 57, changement important de 5,7 points en phase chronique — et un plafond à connaître.
Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 24/09/2026
Six semaines après un AVC, un patient lève à nouveau le bras hémiparétique. La motricité revient, mais peut-il saisir un verre, pincer une bille, mettre la main derrière la tête ? L’Action Research Arm Test répond à cette question en faisant manipuler des objets réels. Il ne mesure pas la sélectivité du mouvement, comme la Fugl-Meyer ; il mesure ce que la main et le bras parviennent à faire. C’est un outil de suivi de la récupération, pas un outil diagnostique, et l’un des plus utilisés en rééducation neurologique.
Quatre sous-tests, du bloc à la bille
L’ARAT explore la fonction du membre supérieur en quatre sous-tests : la prise palmaire (saisir et déplacer des blocs de tailles différentes), la pince (saisir de petits objets comme une bille), la prise globale (par exemple verser de l’eau d’un verre à l’autre) et les mouvements globaux du bras (comme porter la main derrière la tête). Il utilise un kit standardisé d’objets — blocs, billes, verres —, commercial ou fabriqué selon le protocole de Yozbatiran. La population cible est celle des patients après AVC, en phase subaiguë comme en phase chronique ; nos sources le décrivent comme sensible au changement après thérapie par contrainte induite.
Trois temps
Les pièges de passation
Lire un score
Plus le score est haut, meilleure est la fonction ; 57 correspond à une réalisation normale de tous les items. Nous n’avons pas retrouvé de tranches de sévérité validées : l’ARAT se lit surtout comme une évolution. La fiabilité est excellente : chez 20 patients en phase chronique, van der Lee (2001) obtient des ICC supérieurs à 0,98 entre deux cotations du même évaluateur comme entre deux évaluateurs, et Lin (2009) un ICC test-retest d’au moins 0,97. Le changement minimal détectable vaut 6 % du score maximal, soit environ 3,4 points (Lin 2009). Le changement cliniquement important dépend de la phase : 5,7 points chez le patient chronique, valeur que van der Lee a montrée détectable par le test ; 12 points si le côté dominant est atteint et 17 points si c’est le côté non dominant, dans les premières semaines après l’AVC (Lang 2008).
Un exemple. Un patient droitier, hémiparétique droit, obtient 18 sur 57 à un mois de son AVC. Il réussit la prise palmaire des gros blocs et les mouvements globaux, mais échoue à la pince. À trois mois, 31 sur 57 : un gain de 13 points, au-delà du changement détectable et du seuil de 12 points retenu en phase précoce quand le côté dominant est atteint. Le détail du score montre que la pince a commencé à revenir. À six mois, 34 : le gain de 3 points reste sous le changement minimal détectable de 3,4 points, et loin du seuil de 5,7 du patient chronique ; il ne permet pas de conclure à une progression. C’est souvent le moment de se demander si l’objectif est encore la récupération ou déjà la compensation.
ARAT ou Fugl-Meyer ?
Où il prend sa place
Nos sources décrivent l’association ARAT, Wolf Motor Function Test et Fugl-Meyer membre supérieur comme le trio de référence après AVC : la déficience motrice d’un côté, la capacité fonctionnelle de l’autre. Elles proposent aussi le couple ARAT et Motor Activity Log : l’un mesure ce que le patient sait faire en séance, l’autre ce qu’il fait réellement de son bras à la maison. L’écart entre les deux est souvent l’information la plus utile. Un bon score à l’ARAT avec un usage quotidien faible pointe une non-utilisation apprise, qui se travaille autrement qu’un déficit moteur.
À garder pour suivre le membre supérieur après AVC
Un test d’activité fiable, rapide grâce à sa hiérarchie d’items, avec un changement important documenté selon la phase de l’AVC. Son effet plafond impose de compléter le bilan chez les patients presque récupérés.