Klair Décrypte
Copenhagen adduction : un exercice validé, un test encore jeune
Le gainage latéral des adducteurs réduit de 41 % les problèmes d’aine des footballeurs. Comme test, il est reproductible avec un capteur, mais sans norme, et ses répétitions reflètent la tolérance plus que la force.
Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 07/10/2026
Dans les clubs de football, le Copenhagen adduction est devenu un exercice très utilisé pour les adducteurs : un gainage latéral, la jambe du dessus posée sur un banc ou tenue par un partenaire, et un bassin qu’on soulève. Son succès tient à deux essais contrôlés convaincants. Il était tentant d’en faire aussi un test : combien de temps, combien de répétitions, avec quelle force ? La réponse honnête est que la mesure n’en est qu’à ses débuts. Voici ce qui est établi, et ce qui ne l’est pas.
Un gainage qui charge les adducteurs
La jambe du dessus est soutenue, la jambe du dessous est libre : pour soulever et maintenir le bassin, ce sont les adducteurs de la jambe soutenue qui portent l’essentiel du poids du corps, aidés par les obliques et le carré des lombes. Plus le point d’appui est éloigné — cheville plutôt que genou —, plus le bras de levier est long et la charge élevée. Dans la phase de descente, les adducteurs travaillent en excentrique, et c’est ce mode de travail que les études ont cherché à renforcer, puis à mesurer.
Trois temps
Les pièges du test
Ce que disent les études
Comme exercice, les données sont solides. Chez 24 footballeurs de moins de 19 ans, Ishøi 2016 a comparé huit semaines de programme progressif à l’entraînement habituel : la force excentrique d’adduction a augmenté de 35,7 %, la force d’abduction de 20,3 %, sans changement dans le groupe témoin et avec des courbatures faibles. Harøy 2019 a ensuite randomisé 35 équipes semi-professionnelles norvégiennes, soit 652 joueurs : avec un programme fondé sur ce seul exercice, la prévalence moyenne des problèmes d’aine pendant la saison était de 13,5 % contre 21,3 %, soit un risque réduit de 41 % (OR 0,59).
Comme test, les données sont récentes et limitées. Hickey 2025 a relié la sangle de cheville à un capteur de force pour mesurer le pic de force excentrique pendant l’exercice, chez 20 athlètes à une semaine d’intervalle : ICC 0,84 et 0,87 selon le côté, changement minimal détectable de 33 N et 29 N. Miralles-Iborra 2026 a analysé l’exercice avec les capteurs d’un smartphone chez 20 footballeurs amateurs : fiabilité modérée à bonne (ICC 0,63 à 0,83), mais le nombre de répétitions n’était pas corrélé à la force isométrique des adducteurs, seule la vitesse maximale l’étant modérément. Deux petites études de fiabilité, aucune norme, aucune valeur pronostique : c’est le bilan actuel.
Ce qu’un nombre de répétitions ne mesure pas
Où il prend sa place
Le Copenhagen adduction trouve sa place dans le suivi d’un sportif déjà habitué à l’exercice : même montage, même critère, et une progression qui se lit dans le temps. Pour classer une douleur d’aine, cette rubrique a présenté la classification de Doha ; pour tester les adducteurs d’un athlète douloureux, le squeeze test et l’étirement des adducteurs ; pour mesurer le retentissement, le HAGOS. Et pour la prévention, la question n’est plus de tester mais de faire : c’est comme exercice que le Copenhagen a fait ses preuves.
À prescrire comme exercice, à utiliser prudemment comme test
Son efficacité préventive est démontrée ; sa valeur de mesure commence seulement à être étudiée. Instrumenté, il est reproductible ; compté en répétitions, il reflète la tolérance plus que la force. Aucune norme ne permet de classer un athlète.