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Acuité visuelle dynamique : un test de l’oreille interne avant d’être un test du cou

Lire une échelle en oscillant la tête à 2 Hz : le test objective l’oscillopsie et le réflexe vestibulo-oculaire. Solide en vestibulaire, il n’a aucune validation pour repérer une origine cervicale.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 24/09/2026

Acuité visuelle dynamique : un test de l’oreille interne avant d’être un test du cou

« Je vois flou quand je marche », « les lettres sautent quand je tourne la tête » : cette plainte s’appelle l’oscillopsie. Elle oriente d’abord vers l’oreille interne, mais les troubles visuels font aussi partie des plaintes fréquentes après un coup du lapin (Treleaven 2011). Le test d’acuité visuelle dynamique la met en chiffres avec une échelle de lecture et un métronome. Encore faut-il savoir ce qu’il mesure vraiment : un test solide du réflexe vestibulo-oculaire, dont personne n’a montré qu’il repère une origine cervicale.

Lire en bougeant la tête

Tête immobile, l’acuité dépend de l’œil et de la réfraction. Tête en mouvement, elle dépend en plus de la capacité des yeux à contre-tourner exactement à la même vitesse que la tête : c’est le réflexe vestibulo-oculaire. Quand il est déficitaire, l’image glisse sur la rétine et le patient perd des lignes. La différence entre les deux lectures isole donc la contribution du réflexe. Chez le cervicalgique, la revue de Treleaven (2008) décrit des troubles du contrôle des mouvements oculaires liés à l’altération des afférences cervicales, et chez 30 jeunes adultes sains, une fatigue induite des muscles du cou suffisait à dégrader l’acuité dynamique (Al Saif 2015).

Trois temps

Ce qui fausse le score

Ce que les chiffres disent vraiment

Les données solides concernent le vestibulaire. En version clinique, Dankova (2021) retrouve à 2 Hz une acuité dynamique pathologique chez 100 % des 13 patients avec vestibulopathie bilatérale, 53,8 % des 13 unilatérales et aucun des 21 témoins ; à 1 Hz, les proportions tombaient à 69,2 %, 23 % et 0 %. Le test est donc bien plus sensible à une atteinte bilatérale qu’unilatérale, et plus exigeant à 2 Hz. Chez des patients vestibulaires compensés, en revanche, l’acuité dynamique peut être aussi bonne que celle de sujets du même âge (Peters 2012).

Pour le cou, rien de comparable : aucune étude n’a mesuré la sensibilité ou la spécificité du test pour un vertige cervicogénique, et aucun seuil n’est validé chez le cervicalgique. Il n’y a donc ni rapport de vraisemblance ni calcul de probabilité. Côté fiabilité, Kaufman (2014) rapporte chez 50 joueurs de football américain lycéens et universitaires un ICC de 0,770 en rotation et 0,725 dans le plan vertical, avec un changement minimal détectable de 0,16 logMAR en rotation — soit un peu plus d’une ligne et demie d’échelle —, à des vitesses de tête de 150 à 200° par seconde.

Un test positif chez un cervicalgique : que faire ?

À utiliser comme test fonctionnel, pas comme test du cou

Simple et parlant pour le patient, le test d’acuité visuelle dynamique évalue le réflexe vestibulo-oculaire. Chez le cervicalgique, il n’a aucune valeur diagnostique démontrée : un résultat anormal oriente d’abord vers un bilan vestibulaire.