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STOP-BANG : repérer l’apnée du sommeil en réadaptation

Ronflement, fatigue, apnées observées, hypertension, IMC, âge, tour de cou, sexe : huit oui ou non pour repérer le risque d’apnée obstructive du sommeil et orienter à temps. Sensible — mais pas diagnostique.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 23/10/2026

STOP-BANG : repérer l’apnée du sommeil en réadaptation

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil est fréquent, longtemps silencieux et lourd de conséquences : hypertension, troubles du rythme, somnolence au volant, fatigue qui sabote l’adhésion aux exercices. Le kinésithérapeute rencontre ces patients sans le savoir, en réadaptation cardiaque ou respiratoire, en rééducation après une chirurgie orthopédique, chez des patients en surpoids qui reprennent une activité. Il ne diagnostique pas l’apnée, qui relève d’un enregistrement du sommeil. Mais il peut repérer un risque et le signaler. Le STOP-BANG est l’outil le plus simple pour le faire : huit questions, quelques minutes, aucun matériel en dehors d’un mètre ruban.

Quatre questions, quatre critères

L’acronyme résume les huit items. STOP regroupe quatre questions posées au patient : un ronflement fort, audible à travers une porte fermée ; une fatigue ou une somnolence fréquente dans la journée ; des arrêts respiratoires observés par l’entourage pendant le sommeil ; une hypertension traitée. BANG ajoute quatre critères objectifs : un indice de masse corporelle (BMI) supérieur à 35 kg/m², un âge supérieur à 50 ans, un tour de cou (neck) supérieur à 40 cm, quel que soit le sexe, comme dans la version de Chung (2008) retenue par Klair Kiné, et le sexe masculin (gender). L’outil s’adresse à l’adulte et vise l’apnée obstructive, pas les autres troubles du sommeil.

Trois temps

Les pièges d’interprétation

Lire un score

La synthèse de Chung et al. (2016, Chest) propose trois niveaux : 0 à 2, risque faible d’apnée modérée à sévère ; 3 ou 4, zone intermédiaire, où d’autres critères aident à classer (par exemple un score d’au moins 2 avec un IMC supérieur à 35 fait passer en risque élevé) ; 5 à 8, risque élevé. Au seuil de 3, la sensibilité est de 93 % pour l’apnée modérée à sévère et de 100 % pour la forme sévère, avec des valeurs prédictives négatives de 90 % et 100 % dans la population étudiée. Et le score se traduit bien en probabilité : la probabilité d’une apnée modérée à sévère passe d’environ 18 % pour un score de 0 à 2 à 60 % pour 7 ou 8. À partir de la zone intermédiaire, et à plus forte raison au-delà de 4, le patient doit être adressé à son médecin.

Exemple : un homme de soixante-deux ans en réadaptation cardiaque après un infarctus. Sa compagne signale qu’il ronfle très fort et « s’arrête de respirer » la nuit ; il est traité pour hypertension ; son IMC est de 31 ; son tour de cou mesuré est de 44 cm ; il se dit fatigué mais « c’est normal après ce qui m’est arrivé ». Score : ronflement, fatigue, apnées observées, hypertension, âge, tour de cou, sexe masculin — 7 sur 8, l’IMC étant sous 35. Risque élevé. Le kinésithérapeute le transmet au cardiologue : la décision d’un enregistrement du sommeil lui revient, et le signalement est justifié.

Avec l’échelle d’Epworth

Où il prend sa place

Né comme standard de l’évaluation pré-anesthésique, le STOP-BANG a toute sa place en kinésithérapie : réadaptation cardiaque et respiratoire, patients obèses, bilan préopératoire ou postopératoire, patients hypertendus qui décrivent une fatigue inexpliquée. Il demande quelques minutes et un mètre ruban, et peut modifier la prise en charge globale d’un patient dont la fatigue freinait la rééducation.

À garder pour repérer le risque d’apnée et orienter

Simple, rapide et sensible, le STOP-BANG repère les patients à risque d’apnée obstructive. Il ne diagnostique rien, ne rassure pas complètement quand il est bas, et justifie une orientation dès la zone intermédiaire.