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ECOG Performance Status : lire le « PS » du compte rendu d’oncologie

Six grades, de pleinement actif à décédé, et un repère : plus ou moins de la moitié de la journée alité. Un accord modéré entre oncologues grade par grade, mais une coupure PS 0-2 contre 3-4 robuste.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 24/09/2026

ECOG Performance Status : lire le « PS » du compte rendu d’oncologie

Sur le compte rendu de consultation d’oncologie de votre patiente figure une ligne brève : « PS 1 ». Ce chiffre pèse lourd : c’est un facteur pronostique reconnu dans de nombreux cancers, et un critère de répartition des patients dans les études cliniques. C’est l’échelle de performance de l’ECOG. Elle n’a pas été conçue pour les kinésithérapeutes, mais ils la lisent chaque semaine — et ils sont bien placés pour observer ce qu’elle résume en un chiffre : la façon dont le patient vit sa journée.

Six grades, un seul critère caché : le temps passé allongé

L’échelle décrit l’activité et l’autonomie du patient, et c’est un repère temporel simple qui sépare ses grades intermédiaires : le temps passé au lit ou au fauteuil pendant la journée. Voici les six grades tels que les publie l’ECOG-ACRIN, en paraphrase.

  • 0 — Pleinement actif, capable de toutes les activités d’avant la maladie, sans restriction.
  • 1 — Limité pour les activités physiques intenses, mais ambulatoire et capable d’un travail léger ou sédentaire (tâches ménagères légères, bureau).
  • 2 — Ambulatoire et autonome pour les soins personnels, mais incapable de travailler ; debout plus de 50 % des heures d’éveil.
  • 3 — Soins personnels limités ; au lit ou au fauteuil plus de 50 % des heures d’éveil.
  • 4 — Complètement dépendant, incapable de tout soin personnel, confiné au lit ou au fauteuil.
  • 5 — Décédé.

Trois temps

Là où les examinateurs divergent

Ce que vaut un grade

Le kappa grade par grade de Sørensen allait de 0,31 à 0,55 : un accord modéré au mieux. Mais l’étude montre aussi ce qui fait la force de l’échelle. Quand un observateur classait un patient en PS 0 à 2, un second observateur le classait dans le même groupe avec une probabilité de 0,92 ; pour les PS 3 à 4, de 0,82. La coupure entre un patient qui passe la majorité de sa journée debout et un patient qui la passe majoritairement alité est donc reproductible, et c’est précisément celle qu’utilisent de nombreuses études cliniques, comme le soulignent les auteurs. L’échelle sert aussi de critère externe pour valider d’autres outils : l’étude de validation de l’EORTC QLQ-C30 (Aaronson 1993) a vérifié que ses scores distinguaient les patients selon leur statut ECOG.

L’ECOG-ACRIN propose une correspondance couramment utilisée avec l’échelle de Karnofsky : ECOG 0 = Karnofsky 100 à 90 ; ECOG 1 = 80 à 70 ; ECOG 2 = 60 à 50 ; ECOG 3 = 40 à 30 ; ECOG 4 = 20 à 10 ; ECOG 5 = 0. Cette table n’est qu’une des façons de rapprocher les deux échelles, et un Karnofsky à 70 — autonome mais incapable d’activité normale — se lit mal face à l’ECOG 1, qui autorise un travail léger. Pour le kinésithérapeute, le point essentiel est ailleurs : un grade ECOG est une catégorie large. Passer de 2 à 1 est une amélioration majeure ; mais un patient peut doubler son périmètre de marche ou gagner nettement en force sans changer de grade.

Ce que le kinésithérapeute peut y ajouter

À savoir lire, à compléter par des mesures sensibles

Une échelle simple et universelle qui résume l’autonomie en six grades. Sa reproductibilité grade par grade est modérée, mais la coupure PS 0-2 contre 3-4 est robuste. Elle situe le patient ; elle ne suit pas finement une rééducation.