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DEMMI : suivre la mobilité du lit à la marche, sans se tromper de version

Le de Morton Mobility Index suit un patient âgé du lit à la marche autonome sur une échelle hiérarchique. Ses 15 items donnent un score brut sur 19, converti sur 100 : c’est sur ce score converti que se lisent le MDC90 de 9 points et le changement important de 10 points.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 29/09/2026

DEMMI : suivre la mobilité du lit à la marche, sans se tromper de version

Un patient de 86 ans est hospitalisé depuis dix jours. Il ne fait pas encore le Timed Up and Go, trop difficile ; l’échelle de Berg paraît disproportionnée. Et dans quelques semaines, il marchera peut-être dans le couloir sans aide, ce que beaucoup d’outils de mobilité ne savent plus distinguer. Le DEMMI a été créé pour cet écart : suivre avec un seul instrument un patient qui passe du lit à la marche autonome, sans plancher ni plafond trop précoces.

Une échelle hiérarchique de la mobilité

Le principe du DEMMI est la hiérarchie : les tâches sont ordonnées de la plus facile à la plus difficile. Les 15 items se répartissent en cinq domaines. Au lit : pont fessier, se tourner sur le côté, passer de couché à assis au bord du lit. À la chaise : tenir assis sans appui 10 secondes, se lever en s’aidant des accoudoirs, puis bras croisés. Équilibre statique, sans aide technique ni chaussures : debout sans appui, pieds joints, sur la pointe des pieds, puis en tandem yeux fermés, 10 secondes chacun. Marche : distance parcourue sans pause jusqu’à 50 mètres, et degré d’indépendance sur cette distance. Équilibre dynamique : ramasser un stylo au sol, faire quatre pas en arrière, sauter. Développé chez des patients âgés hospitalisés en médecine aiguë, l’outil a depuis été étudié dans d’autres contextes de soins.

Trois temps

Score brut ou score converti : ne pas mélanger

Lire un score

Il n’existe pas de catégories de sévérité officielles. Le DEMMI se lit donc dans le temps : une variation de 9 points dépasse l’erreur de mesure (MDC90), et une amélioration de 10 points est jugée cliniquement importante chez le patient âgé hospitalisé (de Morton 2008). Le score brut garde un intérêt clinique : il montre quelles tâches le patient réussit, lesquelles il réalise avec aide, et quel est le prochain palier à atteindre.

Exemple : à l’admission, le patient réussit le pont fessier et le retournement (2 points), passe de couché à assis avec une aide minimale (1), tient assis 10 secondes (1), se lève avec les accoudoirs sous supervision (1) et tient debout sans appui (1) : score brut 6/19, soit 30/100. Deux semaines plus tard, il fait le couché-assis et l’assis-debout avec accoudoirs de façon indépendante (2 + 2), se lève bras croisés (1), tient debout pieds joints (1) et marche 20 mètres de façon indépendante avec un déambulateur (1 + 1) : score brut 12/19, soit 48/100. Le gain de 18 points dépasse largement le MDC90 et le changement minimal important. Décrivez aussi le progrès : le patient est passé de transferts aidés à la marche courte ; le prochain palier est la marche de 50 mètres.

Où il prend sa place

Le DEMMI trouve sa place en hospitalisation gériatrique, en soins de suite et à domicile, chez des patients dont la mobilité évolue sur un large spectre. Il se complète par une mesure de fragilité globale comme la Clinical Frailty Scale, par l’IADL de Lawton pour les activités instrumentales, et, dès que le patient en est capable, par des tests de performance chronométrés — vitesse de marche, Timed Up and Go — qui prolongent la mesure au-delà du plafond de l’échelle.

À utiliser sur 100, en connaissant ses repères

Le DEMMI est un indice de mobilité bien construit : 15 items, un score brut converti sur 100, et des repères de changement établis chez le patient âgé hospitalisé.