Dossier Klair
Dysphagie : le guide exhaustif (étiologie, VFSS/FEES, Shaker, EMST, Mendelsohn, neuromodulation, skill-based)
12 sources passées au crible. Prévalence massive : 51 % post-AVC · 82 % Parkinson · 85 % SLA · 47 % > 90 ans · 1ʳᵉ cause de décès infectieux > 65 ans (US). 10 grandes causes incluant l'iatrogénie médicamenteuse (80+ substances). Exercices avec preuves solides : Shaker (head lift) et EMST (Expiratory Muscle Strength Training). Manœuvre de Mendelsohn recommandée avec prudence. Renforcement lingual et Masako : preuves insuffisantes. 5 postures de protection (menton baissé en tête). Neuromodulation rTMS/tDCS : effet bi-hémisphérique large (0,93). Approche skill-based + biofeedback (BiSSkiT, MDTP) émergente. Le dossier qui transforme la prise en charge en gériatrie et neurologie.
Par Team Klair Kiné · 20 min de lecture · Publié le 15/07/2027
Dysphagie : pourquoi 51 % des patients post-AVC en souffrent, comment l'exercice de Shaker, l'EMST et la manœuvre de Mendelsohn transforment la déglutition, et quand utiliser la neuromodulation (rTMS, tDCS) en complément de la rééducation comportementale ?
La dysphagie touche 51 % des patients post-AVC , 82 % des parkinsoniens , 85 % des SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique — maladie de Charcot, dégénérescence des motoneurones) et 47 % des plus de 90 ans . Elle est la première cause de décès infectieux chez les plus de 65 ans aux États-Unis via la pneumonie d'aspiration. Pourtant, la rééducation reste sous-prescrite et mal connue. Ce dossier décrypte 12 sources clés pour vous donner les outils opérationnels : étiologie complète (incluant les médicaments en cause), classification topographique, exercices validés (Shaker, EMST, Mendelsohn, renforcement lingual), techniques posturales, neuromodulation (rTMS + tDCS, méta-analyse de 26 RCT (Randomized Controlled Trial — essai contrôlé randomisé)), Kinesio Taping, biofeedback et approche skill-based. Vous repartirez avec un protocole structuré pour transformer vos prises en charge en gériatrie, neurologie et post-AVC.
Bienvenue dans le Dossier Klair
3 questions pour faire le point
Testez vos connaissances avant de lire — vous verrez comment elles évoluent au fil du dossier.
Pourquoi ce dossier maintenant ?
Madame R., 79 ans, vit en EHPAD depuis 18 mois après un AVC (Accident Vasculaire Cérébral — interruption brutale de la circulation cérébrale) ischémique sylvien gauche. Elle tousse régulièrement à table, a perdu 6 kg en 6 mois, et a déjà eu deux pneumopathies cette année. L'équipe a installé une alimentation moulinée et des liquides épaissis, mais personne n'a pensé à mettre en place une rééducation active de la déglutition. Pourtant, la kinésithérapie de la dysphagie peut transformer son pronostic — vital, fonctionnel et social. Vous savez ce qu'il faut faire ? Quel protocole concret allez-vous mettre en place ?
Ce dossier n'est pas un rappel anatomique. C'est une lecture critique de 12 sources clés publiées entre 2008 et 2023 : la revue de référence de Logemann 2008, l'analyse critique des exercices par Langmore & Pisegna 2015, l'approche skill-based moderne (Huckabee 2022), l'étude épidémiologique chinoise (Zhang 2020), les revues sur la neurodégénération (Wu 2023) et les médicaments responsables (Schwemmle 2015). Vous y trouverez les 5 postures de protection, les exercices avec preuves solides (Shaker, EMST, Mendelsohn) versus les exercices à preuves insuffisantes, le protocole de neuromodulation (méta-analyse 26 RCT (Randomized Controlled Trial)), et le tableau récapitulatif des indications par pathologie. La kinésithérapie de la dysphagie est aujourd'hui une véritable spécialité — encore largement sous-utilisée dans la pratique courante.
À retenir en 30 secondes
Les 8 messages clés
- Prévalence massive · 51 % post-AVC · 82 % Parkinson · 85 % SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique) · 84 % Alzheimer · 47 % > 90 ans · pneumonie d'aspiration = 1ʳᵉ cause de décès infectieux > 65 ans (US).
- 26 paires de muscles + 6 nerfs crâniens (V, VII, IX, X, XI, XII) impliqués · physiologie complexe en 4 phases (orale, pharyngée, œsophagienne).
- Diagnostic gold standard = vidéofluoroscopie (VFSS) · alternatives : FEES, EAT-10 (questionnaire), manométrie haute résolution.
- 5 postures de protection · menton baissé (chin-down) > liquides « miel » dans l'étude RCT (Randomized Controlled Trial) à 515 patients · à privilégier avant adaptation alimentaire.
- Exercices validés par RCT (Randomized Controlled Trial) · Shaker (head lift), EMST (Expiratory Muscle Strength Training), Mendelsohn · renforcement lingual et Masako = preuves insuffisantes.
- Neuromodulation (rTMS / tDCS) · méta-analyse 26 RCT (Randomized Controlled Trial) / 852 patients · effet modéré (0,69) global, large (0,93) en bi-hémisphérique · à combiner avec rééducation.
- Médicaments à dépister · anticholinergiques, antipsychotiques, opioïdes, bisphosphonates, AINS (Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens — ibuprofène, diclofénac, etc.), sédatifs · 1ʳᵉ étape = réévaluation des prescriptions.
- Approche proactive + multidisciplinaire · intervenir AVANT les complications · équipe : orthophoniste + kiné + ergo + diététicien + médecin + infirmier.
Comment on a construit ce dossier
Il s'agit d'une revue narrative structurée et exhaustive. La Team Klair Kiné a interrogé les bases PubMed, Embase, Cochrane et CINAHL à la recherche de toutes les publications consacrées à la dysphagie en rééducation entre 2008 et 2023. La priorité a été donnée aux revues critiques, essais randomisés contrôlés, méta-analyses et études épidémiologiques. Les critères de jugement retenus sont ceux qui comptent en pratique : scores de pénétration-aspiration (PAS), score VDS, EAT-10, fonction pharyngée à la VFSS, pneumonies, dénutrition, retour à l'alimentation orale et qualité de vie.
Du tri initial aux 12 sources retenues
Sélection croisée triple-lecteurs · priorité aux RCT (Randomized Controlled Trial), méta-analyses et revues critiques
📖 Définition & physiologie de la déglutition
La dysphagie désigne toute difficulté ou gêne ressentie lors de la déglutition, c'est-à-dire le transport du bol alimentaire de la bouche à l'estomac. Ce n'est pas une maladie en soi mais un symptôme pouvant résulter de multiples processus pathologiques [1,11]. Et derrière ce mot apparemment simple se cache une physiologie d'une complexité remarquable : la déglutition mobilise plus de 26 paires de muscles et fait intervenir 6 nerfs crâniens (V trijumeau, VII facial, IX glossopharyngien, X vague, XI accessoire, XII hypoglosse) [1].
📊 Une prévalence massive et croissante avec l'âge
La dysphagie en 4 chiffres essentiels
Étude chinoise sur 5 943 participants · données neurologiques internationales
🔬 Étiologie : 10 grandes causes à connaître
Causes structurelles et neurologiques (Hoy 2013)
Une étude menée dans un centre tertiaire de déglutition a identifié les causes les plus fréquentes de dysphagie [1]. Le reflux gastro-œsophagien (RGO (Reflux Gastro-Œsophagien)) arrive en tête, suivi des dysphagies post-radiques et des dysfonctions du muscle cricopharyngien — un trio à connaître pour orienter votre démarche diagnostique :
Le top 10 des causes en centre tertiaire
Données d'un centre spécialisé · à connaître pour orienter le bilan
💊 Causes médicamenteuses (dysphagie iatrogène) — souvent négligées
Plus de 80 substances actives peuvent provoquer une dysphagie
L'évaluation médicamenteuse devrait être la PREMIÈRE étape avant toute rééducation — pourtant elle est très souvent oubliée.
🗂️ Classification topographique
💥 Conséquences : pourquoi il faut traiter activement
Les 4 conséquences majeures à connaître (Hoy 2013 · Logemann 2008 · Wu 2023)
🔍 Outils diagnostiques : du dépistage à la VFSS
Les 5 outils diagnostiques à connaître
Du dépistage rapide à l'examen de référence
🛠️ Traitements non médicamenteux : l'arsenal kinésithérapique
🤲 Les 5 postures de protection (Logemann 2008)
Les 5 postures qui sécurisent la déglutition
À ajuster selon le profil de la dysphagie identifié à la VFSS
🌡️ Stimulations sensorielles et manœuvres volontaires
- Stimulation thermo-tactile : effleurage des piliers antérieurs du voile avec un miroir froid pour faciliter le déclenchement du réflexe de déglutition [3,5]
- Modification du bolus : température froide, goût acide, eau gazeuse (carbonatation) — stimulent les afférences sensorielles oropharyngées [5,10]
- Stimulation par pression sur la langue avec la cuillère [10]
- Déglutition supraglottique : inspiration → blocage respiratoire → déglutition → toux post-déglutition · utile pour les paralysies des cordes vocales
- Déglutition super-supraglottique : effort supplémentaire pour fermer l'entrée laryngée
- Déglutition forcée (effortful swallow) : contraction maximale des muscles pour augmenter les pressions pharyngées et réduire les résidus
- Manœuvre de Mendelsohn : maintien volontaire du larynx en position haute pour prolonger l'ouverture du SSO [2,4]
- Manœuvre de Masako (tongue-hold) : protrusion et maintien de la langue entre les dents pendant la déglutition pour renforcer la contraction pharyngée [10]
💪 Exercices de renforcement : les piliers de la kinésithérapie
🥇 Exercice de Shaker (Head Lift Exercise) — la référence
L'exercice avec les preuves les plus solides en rééducation de la dysphagie
Plusieurs RCT (Randomized Controlled Trial) ont démontré son efficacité sur l'ouverture du SSO et la mobilité hyoïdienne.
🥇 EMST (Expiratory Muscle Strength Training) — la 2ᵉ référence
Entraînement des muscles expiratoires : le 2ᵉ exercice avec preuves solides
RCT (Randomized Controlled Trial) de haute qualité dans la maladie de Parkinson avec réduction des scores PAS
🥈 Manœuvre de Mendelsohn et IMST
La manœuvre de Mendelsohn consiste à maintenir volontairement le larynx en position haute pendant la déglutition pour prolonger l'ouverture du SSO. Elle bénéficie de RCT (Randomized Controlled Trial) de taille modeste et est recommandée avec prudence, principalement dans les dysphagies post-AVC du tronc cérébral [2,4]. L'Inspiratory Muscle Strength Training (IMST) entraîne les muscles inspiratoires pour améliorer la capacité de toux et la protection des voies aériennes [9] — moins étudié que l'EMST mais prometteur.
🧠 Approche skill-based : entraîner la coordination plutôt que la force
L'entraînement basé sur la motricité (skill-based) [3] est une approche émergente qui cible la coordination et la précision du mouvement plutôt que la seule force musculaire. Le principe : il est possible de modifier des composantes ISOLÉES de la déglutition pharyngée par le biofeedback (manométrique ou EMG (ÉlectroMyoGramme — enregistrement de l'activité musculaire) de surface) et l'entraînement à la tâche spécifique. Les programmes BiSSkiT (Biofeedback in Swallowing Skill Training) et McNeill Dysphagia Therapy Program (MDTP) en sont les figures de proue. Résultats remarquables : 11 patients sur 16 avec dysphagie chronique par trouble de séquencement pharyngé ont récupéré une alimentation orale complète après entraînement intensif avec biofeedback manométrique. À surveiller dans les prochaines années.
💪 Renforcement lingual et autres approches
- Renforcement lingual (Iowa Oral Performance Instrument - IOPI) · entraînement en résistance progressive de la langue antérieure et postérieure · 60-80 % force max · 3 séries × 10 répétitions · 3 j/sem × 4-8 semaines · effets sur les temps de transit · mais RCT (Randomized Controlled Trial) négatif chez les patients post-radiques [5,10]
- Chin Tuck Against Resistance (CTAR) · alternative au Shaker pour cervicales fragiles · mêmes muscles supra-hyoïdiens ciblés [2]
- Jaw Opening Against Resistance (JOAR) · exercice d'ouverture de la mâchoire contre résistance · cible le digastrique [2]
- Imagerie mentale et observation d'action · activation des réseaux corticaux (cortex prémoteur, gyrus frontal inférieur) · amélioration de la force linguale dans des études préliminaires [3]
🧠 Neuromodulation : rTMS et tDCS en complément
Effets de la neuromodulation transcrânienne post-AVC
Stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) et stimulation transcrânienne à courant direct (tDCS)
🩹 Kinesio Taping, électrostimulation et adaptation alimentaire
🩹 Kinesio Taping (Heo 2015)
Le Kinesio Taping (KT) appliqué sur les muscles laryngés externes (digastrique, mylo-hyoïdien, géni-hyoïdien, sterno-cléido-mastoïdien, trapèze supérieur) a montré des améliorations significatives de l'excursion verticale de l'os hyoïde et de la rotation de l'épiglotte chez les patients dysphagiques post-AVC [7]. Étude de niveau de preuve faible (pilote) mais résultats prometteurs sur la cinématique objective. À considérer en complément modulaire aux exercices validés (Shaker, EMST), particulièrement en phase aiguë post-AVC.
⚡ Électrostimulation (TENS/NMES)
La stimulation électrique neuromusculaire transcutanée (TENS/NMES) placée sur les muscles du cou vise à renforcer la musculature de déglutition. Les preuves restent limitées et contradictoires [5,10]. Certaines configurations d'électrodes pourraient même RÉDUIRE l'élévation laryngée — à utiliser avec prudence et en respectant les protocoles validés. La stimulation électrique intramusculaire est plus ciblée mais invasive [5].
🥄 Adaptation alimentaire et modification du bolus
Le grand RCT (Randomized Controlled Trial) à 515 patients [10] comparant la posture menton baissé aux liquides épaissis (nectar et miel) a livré un résultat nuancé : les liquides « miel » (3 000 centipoises) éliminaient mieux l'aspiration IMMÉDIATE, mais étaient associés à des durées d'hospitalisation plus longues en cas de pneumonie et à plus de déshydratation. La posture menton baissé conserve l'avantage gustatif et textural et améliore l'observance à long terme. À privilégier en 1ʳᵉ intention quand possible · les épaississants restent indispensables dans certains cas (mais à doser finement).
💊 Traitements médicamenteux et chirurgicaux
Approches pharmacologiques limitées
Il n'existe pas de médicament spécifiquement approuvé pour traiter la dysphagie oropharyngée. Les approches pharmacologiques sont limitées [9] :
- Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP (Inhibiteur de la Pompe à Protons)) · indication majeure : dysphagies liées au RGO (Reflux Gastro-Œsophagien) (27 % des causes en centre tertiaire) [1]
- Lévodopa/Carbidopa · dans la maladie de Parkinson · peu de preuves d'amélioration de la déglutition malgré l'effet sur la motricité générale [9]
- Anticholinestérasiques (pyridostigmine) · dans la myasthénie grave [9]
- Traitement de la xérostomie · substituts salivaires, sialogogues (pilocarpine)
- Traitement de l'œsophagite médicamenteuse (OMIEI) · arrêt du médicament causal, IPP (Inhibiteur de la Pompe à Protons), régime alimentaire adapté [6]
Options chirurgicales
Les 6 options chirurgicales à connaître
🎯 L'impact spécifique de la kinésithérapie : ce qui marche, ce qui ne marche pas
Les 5 principes scientifiques sous-jacents (Morgan 2017)
Les principes de la science de l'exercice appliqués à la déglutition
📊 Tableau de l'efficacité par exercice (Langmore 2015)
Ce qui est recommandé · ce qui ne l'est PAS
Synthèse critique de la littérature · à utiliser comme référence pour la prescription
✅ Effets objectifs démontrés en kinésithérapie
- ↑ Élévation laryngée et mouvement hyoïdien après exercice de Shaker et Mendelsohn [4,10]
- ↑ Ouverture du SSO après Shaker et exercice d'ouverture de la mâchoire [5]
- ↓ Scores de pénétration-aspiration (PAS) après EMST chez les parkinsoniens (RCT (Randomized Controlled Trial), n = 60) [4]
- ↑ Phase pharyngée de la déglutition après rééducation (score VDS : 49,67 → 43,58 · p = 0,008) chez les parkinsoniens [12]
- ↑ Force linguale après programmes de renforcement (amélioration des temps de transit) [10]
- Retour à une alimentation orale complète chez 11/16 patients avec dysphagie chronique après entraînement intensif avec biofeedback manométrique [3]
🤝 L'approche proactive et multidisciplinaire — le nouveau standard
L'évidence récente est claire [9] : il faut intervenir DÈS LE DIAGNOSTIC de la maladie neurologique, avant l'apparition des complications, et non pas attendre les premières pneumonies. C'est l'approche PROACTIVE (intervention précoce, exercices préventifs, éducation du patient) plutôt que RÉACTIVE (intervention après complications). L'approche MULTIDISCIPLINAIRE est également indispensable : orthophoniste + kinésithérapeute + ergothérapeute + diététicien + médecin + infirmier. Cette coordination optimise les résultats fonctionnels et réduit drastiquement la mortalité par pneumopathie d'aspiration.
✅ Vos 10 recommandations par phase
On synthétise tout en 10 recommandations
Dépister systématiquement la dysphagie chez les patients à risque
Réaliser un dépistage systématique chez tout patient à risque : post-AVC, maladies neurodégénératives (Parkinson, SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique), Alzheimer), sujet âgé > 65 ans, post-cancer ORL (Oto-Rhino-Laryngologie), post-chirurgie cervicale.
Vérifier systématiquement les médicaments en cause
Lister tous les médicaments du patient et identifier les substances dysphagiantes (plus de 80 substances actives connues).
Demander une vidéofluoroscopie (VFSS) ou FEES si dépistage positif
Confirmer le diagnostic et identifier le mécanisme précis par un examen instrumental, idéalement la VFSS (gold standard) ou la FEES.
Prescrire l'exercice de Shaker en 1ʳᵉ intention dans les dysfonctions du SSO
Mettre en place l'exercice de Shaker (Head Lift) chez les patients avec dysfonction cricopharyngienne, post-AVC avec stase glosso-épiglottique, ou dysphagie post-chirurgicale cervicale.
EMST en 1ʳᵉ intention chez les patients parkinsoniens et SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique)
Prescrire l'Expiratory Muscle Strength Training (EMST) chez les patients atteints de maladie de Parkinson, SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique), ou avec faiblesse expiratoire post-AVC.
Enseigner les postures de protection adaptées à chaque patient
Adapter une ou plusieurs des 5 postures de protection (menton baissé, menton levé, rotation, inclinaison, décubitus latéral) selon le profil de la dysphagie identifié à la VFSS.
Éviter le renforcement lingual SEUL chez les patients post-radiques
Ne pas se reposer sur le renforcement lingual isolé chez les patients post-radiques (fibrose), où le RCT (Randomized Controlled Trial) a été négatif. À combiner avec d'autres approches si utilisé.
Neuromodulation (rTMS / tDCS) en complément post-AVC réfractaire
Considérer la stimulation transcrânienne (rTMS ou tDCS) en complément de la rééducation comportementale chez les patients post-AVC avec dysphagie persistante.
Approche skill-based + biofeedback dans les dysphagies chroniques complexes
Envisager les approches modernes basées sur la motricité avec biofeedback (BiSSkiT, MDTP) chez les patients avec dysphagie chronique réfractaire aux approches classiques.
Approche proactive et multidisciplinaire systématique
Adopter une approche PROACTIVE (intervention dès le diagnostic neurologique) et MULTIDISCIPLINAIRE pour optimiser les résultats fonctionnels et réduire la mortalité.
🎓 Ce que ça change concrètement dans votre pratique
Bravo, vous arrivez au bout du dossier
Ce que ce dossier ne couvre pas
- La dysphagie de l'enfant et du nourrisson (prématurité, malformations, syndromes génétiques, paralysie cérébrale) mériterait son propre dossier avec des spécificités importantes.
- Les techniques propres à l'orthophonie (rééducation phonatoire, communication alternative) ne sont pas développées · à compléter par la formation spécifique.
- Les classifications IDDSI (International Dysphagia Diet Standardisation Initiative) et les recettes adaptées dépassent le cadre de ce dossier · à voir avec le diététicien.
- Les enjeux éthiques de la PEG en fin de vie, le confort des soins de bouche, la communication avec les familles ne sont pas développés.
- Le coût-efficacité des différentes approches et l'organisation des soins en France (consultations multidisciplinaires, parcours patient) restent à approfondir.
- Pas de score formel d'évaluation des biais inter-études · les arbitrages reposent sur la lecture critique des auteurs.
À garder en tête lundi matin
Pour chaque patient(e) à risque de dysphagie, gardez ces 7 réflexes :
Ces 7 réflexes seuls font 80 % de la différence dans la prise en charge de la dysphagie. Le reste, c'est de l'écoute du patient, du travail d'équipe, et de la patience — la rééducation de la déglutition est lente mais elle sauve des vies.