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PSQI (index de Pittsburgh) : décomposer la qualité du sommeil en sept dimensions

Latence, durée, efficacité, réveils, médicaments, retentissement diurne : le PSQI décompose la plainte « je dors mal ». Score sur 21, seuil à 5 — et une version abrégée qui ne se lit pas comme l’original.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 07/10/2026

PSQI (index de Pittsburgh) : décomposer la qualité du sommeil en sept dimensions

Un patient dit « mal dormir ». Derrière ces deux mots, les réalités sont multiples : il met une heure à s’endormir, il se réveille à cause de sa douleur, il dort peu mais bien, il prend un somnifère chaque soir, ou il se traîne toute la journée. Pour la prise en charge, ces profils n’appellent pas la même réponse. Le PSQI a été construit pour décomposer la plainte : plutôt qu’un seul chiffre sur la sévérité, il dresse un portrait de la qualité du sommeil en sept dimensions. C’est l’outil de référence en recherche — et un outil exigeant en pratique.

Sept composantes du sommeil

Les réponses du PSQI se regroupent en sept composantes : la qualité subjective du sommeil, la latence d’endormissement, la durée du sommeil, l’efficacité habituelle — le rapport entre le temps dormi et le temps passé au lit —, les troubles du sommeil — réveils, douleurs, cauchemars —, la prise de médicaments pour dormir et la dysfonction diurne — difficulté à rester éveillé, manque d’entrain. Il porte sur le mois écoulé, ce qui en fait une mesure plus stable qu’un questionnaire centré sur la semaine. Les questions destinées au partenaire de lit apportent un éclairage complémentaire, précieux pour les ronflements ou les mouvements nocturnes que le patient ignore.

Trois temps

Version abrégée : ce qui change

Lire un score

Sur la version complète, un score global supérieur à 5 signe une mauvaise qualité de sommeil. Le seuil est bas : il repère les mauvais dormeurs, pas uniquement les insomnies sévères. Beaucoup de patients douloureux chroniques le dépassent. La fiabilité est bonne, avec un ICC de 0,85. Nos sources ne fournissent pas de changement minimal cliniquement important : pour suivre une évolution, regardez le score global mais surtout les composantes qui ont bougé. Une baisse portée par la latence et les troubles du sommeil n’a pas le même sens qu’une baisse liée à l’ajout d’un somnifère.

Exemple : un homme de quarante-cinq ans, cervicalgie chronique, obtient un PSQI complet de 11. Le détail est parlant : 3 pour les troubles du sommeil (réveils liés à la douleur), 2 pour la qualité subjective, 2 pour l’efficacité, 2 pour la dysfonction diurne, 1 pour la latence, 1 pour la durée, 0 pour les médicaments. Le problème n’est pas l’endormissement mais les réveils douloureux. La prise en charge vise donc la douleur nocturne — positionnement, oreiller, gestion de l’activité en fin de journée. Si le score passe à 7 deux mois plus tard grâce à la baisse des troubles, le sommeil reste médiocre selon le seuil de 5, mais la cible choisie a répondu.

Quand préférer l’ISI

Où il prend sa place

Le PSQI s’utilise dans le bilan des douleurs persistantes, de la fibromyalgie, des pathologies rhumatologiques et neurologiques, et dans les programmes où le sommeil est une cible explicite. Il se combine à une mesure de la douleur et de l’humeur. Une composante médicamenteuse élevée ou une dysfonction diurne marquée justifient d’en parler avec le médecin traitant.

À réserver au bilan approfondi, en version complète

Le PSQI décompose la qualité du sommeil en sept composantes, ce qui oriente la prise en charge. Long à coter, il se lit par composante, et sa version abrégée ne remplace pas l’original.