Klair Décrypte
Asthma Control Test : objectiver le contrôle de l’asthme en cinq questions
Cinq questions sur quatre semaines, un score de 5 à 25, un seuil à 19/20 et un changement important à 3 points. L’ACT objective le contrôle de l’asthme — à condition de repérer ceux qui évitent l’effort.
Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 24/09/2026
« Ça va, mon asthme, je gère. » Beaucoup de patients asthmatiques le disent en séance, tout en utilisant leur bronchodilatateur de secours plusieurs fois par semaine. Le contrôle de l’asthme ne se devine pas à la conversation, et la spirométrie ne le résume pas. L’Asthma Control Test (ACT) le transforme en score en cinq questions. Il ne pose pas le diagnostic d’asthme et ne mesure pas l’inflammation ; il dit si la maladie est contrôlée sur les quatre dernières semaines, et si ce contrôle s’améliore.
Cinq dimensions du contrôle
Les cinq items couvrent ce que les recommandations appellent le contrôle : la limitation des activités au travail, à l’école ou à la maison ; la fréquence de l’essoufflement ; les réveils nocturnes ou matinaux précoces dus aux symptômes ; le recours au traitement de secours ; et l’auto-évaluation globale du contrôle. Chaque réponse va de 1 (situation la plus défavorable) à 5 (la plus favorable), si bien que le score varie de 5 à 25 et que plus il est haut, mieux l’asthme est contrôlé. Il s’adresse aux patients de 12 ans et plus ; une version pédiatrique, le c-ACT, existe pour les plus jeunes. Il peut être rempli sur papier, sur écran ou par téléphone, et il est recommandé par GINA comme outil standardisé de suivi.
Trois temps
Quand un bon score ment
Seuils, précision et changement
Le seuil le plus utilisé est 19/20 : à 20 et plus, l’asthme est bien contrôlé ; à 19 et moins, il ne l’est pas suffisamment. Les paliers intermédiaires qui circulent (16 à 19 « partiellement contrôlé », 15 ou moins « mal contrôlé ») ne proviennent pas de la validation : notre application ne les affiche plus et s’en tient au seuil de 19. À ce seuil, Schatz et al. (2006) rapportent le meilleur équilibre, avec une sensibilité et une spécificité de 71 % contre l’évaluation d’un spécialiste : un repère utile, pas un verdict. La cohérence interne est bonne (0,84 dans l’étude de développement, 0,85 puis 0,79 chez Schatz) et la fidélité test-retest de 0,77. La corrélation avec l’évaluation du spécialiste reste modérée (r = 0,52) et celle des variations de l’ACT avec celles du VEMS faible (r = 0,29) : symptômes et mesures objectives regardent deux faces du contrôle.
Le changement minimal important est de 3 points (Schatz 2009, quatre échantillons totalisant 4 118 adultes, en croisant méthodes de distribution et ancrages cliniques) ; dans cette étude, un écart de 3 points s’accompagnait d’un risque accru de surconsommation de traitement de secours et d’exacerbations. D’où une règle symétrique : une baisse de 3 points ou plus entre deux consultations doit faire rechercher une perte de contrôle ou un défaut d’observance. Exemple : une patiente de 34 ans commence la rééducation avec un ACT à 16 — asthme insuffisamment contrôlé. Après six semaines d’éducation à la respiration et au traitement inhalé, elle obtient 21. Le gain de 5 points dépasse le seuil de 3 et la fait passer au-dessus de 19/20. À l’inverse, un passage de 22 à 19 chez un patient jusque-là stable justifie un signalement au médecin, même si le patient se dit « bien ».
Où il prend sa place
À garder pour suivre le contrôle de l’asthme
Court, simple à scorer, validé et recommandé : l’ACT objective le contrôle perçu sur quatre semaines et suit son évolution avec une marge claire de 3 points. Il se complète par une mesure objective et une question systématique sur les activités évitées.