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Abduction résistée : le test le plus logique de la hanche latérale, et le meilleur complément de la palpation

Tester la force du moyen fessier paraît imparable. Peu sensible, le test est pourtant spécifique — et, enchaîné après la palpation, il fait passer la probabilité de 59 % à 96 % ou à 14 %.

Par Team Klair Kiné · 5 min de lecture · Publié le 29/09/2026

Abduction résistée : le test le plus logique de la hanche latérale, et le meilleur complément de la palpation

Cette rubrique a maintenant traité les trois épreuves du panel de Grimaldi pour la douleur latérale de hanche : la dérotation externe contrariée, l’appui unipodal de 30 secondes et le jump sign. Voici la quatrième, la plus intuitive — tester la force des abducteurs contre résistance. Peu sensible, elle est pourtant, selon la méta-analyse la plus récente, le meilleur partenaire de la palpation.

Le test le plus logique, et le moins discriminant

Le raisonnement paraît imparable : si le moyen fessier est atteint, sa contraction résistée doit être douloureuse et sa force diminuée. Pourquoi le test manque-t-il alors près de deux tendinopathies sur trois ? Pour deux raisons qui se cumulent.

D’abord la position. En décubitus latéral, l’abduction se fait en chaîne ouverte, hanche en position neutre : le tendon n’est pas comprimé contre le grand trochanter. Or le mécanisme lésionnel de la tendinopathie glutéale est précisément une compression en adduction — c’est ce que reproduit l’appui unipodal. Ensuite la non-spécificité de la faiblesse : une faiblesse d’abduction s’observe dans l’arthrose de hanche, après une prothèse, dans une radiculopathie L5, dans un déconditionnement simple — et chez beaucoup de patients douloureux par simple inhibition antalgique.

Trois temps

Au-delà du diagnostic : mesurer la force

4,5 ou 1,43 : le même écart que pour tout ce groupe

Grimaldi, contre l’IRM, trouve une sensibilité de 38 % et une spécificité de 93 % — un rapport positif de 5,4 et un rapport négatif de 0,67. Les valeurs de 75 % et 83 % qui circulaient pour ce test ne reposaient sur aucune étude identifiable. Le profil est net : positif, le test est un argument sérieux ; négatif, il n’écarte presque rien.

C’est la combinaison qui fait la différence, et la méta-analyse de Kinsella 2023 (six études, 272 participants) l’a chiffrée. La palpation du grand trochanter est sensible — 80 % chez Grimaldi — mais peu spécifique. Chez un patient qui consulte pour une douleur latérale, une palpation négative suivie d’une abduction résistée négative fait passer la probabilité de 59 % à 14 % ; une palpation positive suivie d’une abduction résistée positive la porte à 96 %. Aucun autre test de la région n’y déplaçait significativement la probabilité dans les deux sens.

Ce que ce test déplace réellement

Faites le calcul sur votre patient

Partant de 50 % chez un patient consultant pour une douleur latérale de hanche, un test positif porte la probabilité à 84 % et un test négatif la ramène à 40 %. Retenez l’asymétrie : isolé, le test confirme mieux qu’il n’écarte — c’est la palpation qui apporte la sensibilité.

Ce que la faiblesse change, et pourquoi elle compte

Distinguer la douleur de la faiblesse au cours de ce test n’est pas un détail sémantique : les deux résultats orientent différemment. Une douleur latérale sans faiblesse évoque une tendinopathie en phase réactive. Une faiblesse franche, surtout indolore, doit faire chercher autre chose : une rupture du moyen fessier — qui existe et qui est sous-diagnostiquée chez le sujet âgé —, une atteinte du nerf glutéal supérieur, ou une séquelle de voie d’abord chirurgicale après prothèse de hanche.

Un signe complète utilement cette recherche : le signe de Trendelenburg, qui teste la même fonction en charge. Une chute du bassin du côté opposé lors de l’appui unipodal traduit une insuffisance abductrice que l’examen en décharge peut sous-estimer — et c’est l’examen en charge qui correspond à la plainte réelle du patient, qui boite en marchant, pas en décubitus latéral.

À faire après la palpation, et pour mesurer

Rapport positif de 5,4 contre l’IRM, mais une sensibilité de 38 % : il confirme plus qu’il n’écarte. Enchaîné après la palpation, il forme le groupement le plus utile de la hanche latérale — et c’est le seul test du groupe qui quantifie la force.