Test Tinel au Coude
Test clinique en kinésithérapie · Région : Coude
Procédure
Percuter doucement le nerf ulnaire dans la gouttière épitrochléo-olécranienne (sillon ulnaire derrière l'épicondyle médial) avec le doigt ou un marteau réflexe.
Interprétation
Positif si : Paresthésies (fourmillements, décharges) irradiant vers les 4e et 5e doigts. Indique une irritation ou compression du nerf ulnaire au coude. LR+ 4.4, LR- 0.36.
Performance diagnostique
- Sensibilité : 70% — proportion de patients atteints correctement identifiés.
- Spécificité : 84% — proportion de patients sains correctement identifiés.
- Likelihood Ratio positif (LR+) : 4.4 — multiplicateur de la probabilité post-test si test positif.
- Likelihood Ratio négatif (LR−) : 0.36 — multiplicateur de la probabilité post-test si test négatif.
Interprétation : un LR+ ≥ 5 ou un LR− ≤ 0,2 sont considérés cliniquement utiles pour modifier la décision.
Sources scientifiques
- Zwerus EL et al. (2018) Physical examination of the elbow, what is the evidence? A systematic literature review. Br J Sports Med. 52(19):1253-1260. PubMed (PMID: 28249855)
- Coppieters MW et al. (2020) Diagnostic accuracy of clinical tests for cubital tunnel syndrome: a systematic review and meta-analysis. J Hand Surg Am. 45(12):1143.e1-1143.e16.
- Maak TG et al. (2019) Physical examination tests for the elbow: a systematic review with meta-analysis of individual tests. Br J Sports Med. 53(22):1399-1409.
- Novak CB et al. (1994) Provocative testing for cubital tunnel syndrome. J Hand Surg Am. 19(5):817-820. PubMed (PMID: 7806810)
📜 Origine et histoire du test
Le signe de Tinel au coude est l'application de la percussion du nerf ulnaire dans la gouttière épitrochléo-olécrânienne (gouttière cubitale). Jules Tinel a décrit ce signe en 1915 pour évaluer la régénération nerveuse après blessure de guerre. Au niveau du coude, il est utilisé pour détecter la neuropathie ulnaire au coude (syndrome du tunnel cubital), la deuxième neuropathie compressive la plus fréquente après le syndrome du canal carpien.
💡 Conseils pratiques pour bien réaliser le test
- ▸ Patient assis, coude fléchi à 20-30° (position de repos), avant-bras en supination.
- ▸ L'examinateur percute le nerf ulnaire dans la gouttière cubitale (entre l'épicondyle médial et l'olécrane) avec le bout du doigt ou un marteau réflexe.
- ▸ Test positif = reproduction de paresthésies/décharges électriques dans le territoire ulnaire (4e-5e doigts).
- ▸ Une simple douleur locale N'EST PAS un test positif — il faut des paresthésies irradiantes dans le territoire ulnaire.
- ▸ Percuter sur 2-3 cm le long du trajet nerveux pour détecter le point de compression maximal.
- ▸ Piège : un Tinel positif au coude est trouvé chez 24 % des sujets SAINS (Novak 1994) — faible spécificité.
🧩 Combinaisons cliniques (clusters de tests)
- ▸ Cluster tunnel cubital : Tinel + test de flexion du coude + test combiné flexion-Tinel → augmente la précision diagnostique.
- ▸ Novak 1994 : la combinaison flexion + Tinel est plus performante que chaque test isolé.
- ▸ Si Tinel positif + atrophie hypothénarienne + Wartenberg positif : neuropathie ulnaire sévère (stade avancé).
⚠️ Pearls et pièges cliniques
- ▸ Cheng 2008 : Se 70 %, Sp 98 % pour le Tinel au coude — spécifique mais sensibilité modérée.
- ▸ Novak 1994 : Tinel positif chez 24 % des sujets sains → VPP faible en isolation.
- ▸ Calfee 2009 : la fiabilité du Tinel au coude est modérée (κ 0.40-0.60).
- ▸ Le Tinel est plus utile pour LOCALISER la compression que pour DIAGNOSTIQUER la neuropathie.
- ▸ Un Tinel négatif n'exclut pas une neuropathie ulnaire (LR- ~ 0.3-0.5).
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⚕️ Disclaimer : ces informations sont destinées aux professionnels de santé qualifiés et ne se substituent en aucun cas à un diagnostic médical. La performance diagnostique d'un test isolé doit toujours être contextualisée dans une démarche clinique globale (clusters de tests, anamnèse, contexte épidémiologique, imagerie).